
Reuters 16/2/07 |
LONDRES (Reuters) - Le président rwandais Paul Kagamé souligne dans un entretien accordé au Times son amertume vis-à-vis de la France, et déclare espérer que son pays rejoigne le Commonwealth. "Il y a de nombreux avantage pour nous à rejoindre le Commonwealth - culturels, économiques, politiques", explique Kagamé. "J'espère qu'ils vont approuver notre adhésion. Je l'attends avec impatience", ajoute le dirigeant rwandais, invité à assister en tant qu'observateur au prochain sommet du Commonwealth, en novembre en Ouganda. Cette entrée dans le groupe formé par les principales anciennes colonies britanniques serait un pied-de-nez fait à France, avec laquelle le Rwanda a rompu ses relations diplomatiques en novembre. "Ils sont ceux qui ont armé et entraîné les milices (...) la preuve en est partout. Ils ont continué à le faire même après que le génocide a commencé", accuse Kagamé en parlant de la France. Kigali avait gelé ses relations avec Paris en novembre, pour protester contre la décision du juge Jean-Louis Bruguière de demander des poursuites contre Kagamé et son entourage dans le cadre de son enquête sur l'assassinat de l'ancien président Juvenal Habyarimana, mort dans un accident d'avion en 1994. L'avion avait été abattu par des tirs de missiles, et cet événement est largement perçu comme le détonateur du génocide. "Ils exploitent l'accident de l'avion", commente Kagamé. "Ils tentent de le présenter comme l'événement qui a provoqué le génocide et détourner l'attention du soutien qu'ils ont apporté au régime génocidaire", ajoute celui qui décrit "toute (son) expérience de la France et de l'influence française" comme négative, selon le Times. "La préparation du génocide avait débuté (avant l'accident de l'avion présidentiel) et était connue de la communauté internationale, et particulièrement des Français", dénonce le président rwandais. Les 53 pays qui composent le Commonwealth ont désigné une équipe chargée d'étudier les demandes d'adhésion, dont six émanent de pays du Moyen-Orient ou d'Afrique. |
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| Nouvel Obs 14/2/07 | Plainte conttre la veuve d'Habyarimana | ||||
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Le Monde 6 Janvier 2007 |
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Le Figaro.fr 16 Décembre 2006 |
Une « commission d'enquête » rwandaise instruit à charge contre l'armée française. BELGE, Michel Campion a 58 ans, dont près d'un demi-siècle de présence au Rwanda. Avant le génocide de 1994, il tenait l'hôtel Ibis de Butaré. Entendu par la commission d'enquête mise sur pied par Kigali afin de « rassembler les preuves de l'implication de l'État français dans le génocide perpétré au Rwanda en 1994 », il témoigne, dans son récit, d'une proximité entre des soldats français venus instruire les anciennes forces armées rwandaises (FAR) et leurs élèves qui, plus tard, seront impliqués dans le génocide. Son récit commence en 1992, lorsque Paris met en place un programme de formation et de soutien à une armée rwandaise (FAR) en mauvaise posture face aux rebelles tutsis du Front patriotique rwandais (FPR) de Paul Kagamé. « La coopération militaire française était très active à l'école des sous-officiers de Butaré, se souvient Michel Campion. Il y avait en permanence de 100 à 120 soldats français. Chaque contingent restait une quinzaine de jours. » Un jour, une bagarre éclate entre les soldats français et les étudiants tutsis de Butaré. « Les étudiants , se souvient Michel Campion, avaient donné un surnom aux soldats français. Ils les appelaient « les Interahamwé (des milices, NDLR) de Mitterrand ». Mon hôtel a été ravagé. Pendant la bagarre, j'ai entendu un militaire français lancer :»Enfin, on va se faire du Tutsi.* » Les dégâts m'ont été remboursés mais les soldats français ne sont plus venus manger. » L'aubergiste se souvient avoir été arrêté un jour, à l'entrée de Kigali, par un barrage tenu par des soldats français et des gendarmes rwandais. Massacres de Tutsis « Je venais de prendre en stop un Tutsi. Nous avons été arrêtés à un check point . Le militaire français a demandé à mon passager sa carte d'identité. Il a vu la mention Tutsi et lui a dit :»Toi, sors de la voiture et va t'asseoir avec tes frères.* » Une douzaine de personnes étaient assises sur le bas-côté ». Le Belge peste : « Vous vous croyez où ici ? En département d'outremer ? » Le soldat français part chercher un sous-lieutenant qui autorise Campion, finalement, à partir avec son passager. Le témoignage de Michel Campion n'est pas unique. Un ancien bourgmestre de la ville de Gikongoro raconte, longuement, l'étonnante proximité entre les militaires français et ceux qui, plus tard, seront accusés de génocide. Ou encore, un ancien soldat des Forces gouvernementales (Far) fait part de son expérience lors des combats de Byumba en 1992 en compagnie de soldats français. Pour autant, de nombreux témoignages recueillis par cette commission à l'intitulé douteux apparaissent, pour le moins, faibles. Visée directement, la France a réagi avec vigueur. D'autant que des témoins entendus ces derniers jours par la commission ont accusé des soldats français de s'être livrés à des viols collectifs ou d'avoir assisté sans réagir à des massacres de Tutsis. La démarche de la commission rwandaise, « qui n'a aucun rapport avec la recherche de la vérité, ne peut susciter qu'un commentaire, c'est l'indignation » , a déclaré avant-hier le porte-parole du ministère de la Défense à Paris. |
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Le Figaro.fr 16 Décembre 2006 |
Paul Kagame : "Les Rwandais veulent des excuses de Paris"Propos recueillis à Kigali par PATRICK DE SAINT-EXUPÉRY. «Paris est complice de génocide» , dénonce Paul Kagame.(AFP / M. Longari). Alors que la tension est vive entre la France et le Rwanda, qui vient de rompre ses relations diplomatiques avec Paris, le président rwandais s'explique au « Figaro ». LE FIGARO. - Pourquoi avoir rompu les relations diplomatiques avec Paris ?
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Matinternet 16 Décembre 2006 |
Le 16 décembre 2006 - 06:07 Rwanda: Paul Kagamé réclame des "excuses" à la France Presse Canadienne Près d'un mois après la rupture des relations diplomatiques entre Kigali et Paris, le président rwandais Paul Kagamé réclame des "excuses" à la France, qu'il accuse d'être "complice" du génocide de 1994 dans son pays, et évoque la possibilité de mandats d'arrêts contre "des officiels français" dont Dominique de Villepin. "Paris est complice de génocide, oui", déclare Paul Kagamé dans un entretien publié samedi dans "Le Figaro". "Tout le monde sait très bien que les militaires français ont entraîné, des mois avant la mort de (Juvénal) Habyarimana (président rwandais dont la mort avait précédé le déclenchement du génocide en 1994, NDLR), les milices et les tueurs qui ont réalisé le génocide. Les Nations unies ont des rapports sur cela". Prenant l'exemple de la venue au Rwanda de "responsables de grands pays, le Premier ministre belge, le président américain" qui "se sont excusés", Paul Kagamé réclame les excuses officielles de Paris. "La France n'a jamais eu le moindre mot. Les Français sont les plus impliqués et... rien, pas un mot", déplore-t-il. "Si un officiel français venait à Kigali pour présenter ses excuses aux Rwandais, cela fait une énorme différence. C'est ce qu'attendent les Rwandais". Près d'un mois après avoir rompu les relations diplomatiques avec la France, à la suite de l'émission par le juge français Jean-Louis Bruguière de mandats d'arrêts contre neuf de ses proches dans le cadre l'enquête sur l'attentat de Juvénal Habyarimana, le président rwandais explique que Paris et Kigali vivent "un conflit sérieux" initié par Paris. Selon l'ancien chef de rébellion tutsie du Front patriotique rwandais (FPR), "le gouvernement français est derrière le juge (Bruguière)", qu'il soutient "pour couvrir sa propre culpabilité" dans le génocide des Tutsis par les Hutus en 1994. "Nous pouvons, nous aussi, émettre des mandats d'arrêt contre les officiels français impliqués dans le génocide. Contre d'anciens militaires et des responsables politiques", prévient-il, citant en exemple Dominique de Villepin qui était "à l'époque au cabinet du ministère des Affaires étrangères". "Si la France accepte que le juge Bruguière incrimine des officiels rwandais, alors il est évident que des juges rwandais peuvent incriminer des officiels français", souligne-t-il. |
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La Tribune.fr 14 Décembre 2006 |
PARIS (Reuters) - Paris a rejeté jeudi les accusations de viol formulées par deux Rwandaises contre les militaires de l'opération "Turquoise", affirmant qu'elles faisaient partie d'une campagne anti-française menée par Kigali. "Ce sont des accusations qui sont portées sans l'ombre d'une preuve dans un objectif purement politique", a déclaré Jean-François Bureau, porte-parole du ministère de la Défense. "Cette démarche, qui n'a aucun rapport avec la recherche de la vérité, ne peut que susciter un commentaire : c'est l'indignation", a-t-il ajouté. Deux Rwandaises de l'ethnie tutsie venues se mettre sous la protection de l'armée française pendant le génocide de 1994 ont accusé mercredi des militaires français de l'opération "Turquoise" de les avoir violées sous les yeux de leurs compagnons d'armes impassibles. Les deux femmes, désignées pour des raisons de sécurité sous le nom de "Témoin 2" et "Témoin 3", ont raconté leurs mésaventures devant la commission mise en place par le gouvernement de Kigali pour examiner le rôle joué par la France. "Je ne suis pas sûr que ce soit une commission qui ait pour véritable finalité de rechercher la vérité", a estimé Jean-François Bureau. "Son intitulé lui-même laisse penser qu'elle est destinée à identifier des supposés crimes de complicité de génocide de l'armée française", a-t-il ajouté. Mardi, un premier témoin avait déjà affirmé que des soldats français de l'opération "Turquoise" avaient violé des femmes qui fuyaient des bandes de miliciens durant le génocide anti-tutsi du printemps de 1994, qui a fait environ 800.000 morts dans la minorité tutsie et chez des Hutus modérés. |
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Le Soir 14 Décembre 2006 |
« Un dévoiement de la justice » ( Le Soir 14/12/2006) Non-sens, dossier politique, « tellement faible » : Paul Kagame vitupère le dossier du juge Bruguière. Entretien de notre envoyée spéciale à Kigali. Le président rwandais Paul Kagame se prépare à expliquer à ses homologues africains les raisons de la rupture des relations diplomatiques entre la France et le Rwanda. Il les rencontrera à Nairobi, à l'occasion de la Conférence internationale sur la paix et la sécurité dans les Grands Lacs. A la veille de son départ pour le Kenya, il nous a accordé cette interview exclusive, où il revient sur les mandats internationaux lancés contre neuf de ses proches collaborateurs par le juge antiterroriste français Jean-Louis Bruguière. Ce dernier a en effet mené une enquête sur l'attentat contre le président Habyarimana, qui déclencha le génocide sur les Tutsis en 1994. Le juge français a donc conclu qu'il existe de sérieuses présomptions contre les dirigeants du Front patriotique rwandais, qui aurait organisé l'attentat afin de provoquer la réaction hutue, justifiant ensuite la conquête du pouvoir par le FPR dirigé par Payul Kagame. Quelle a été votre interprétation de l'ordonnance du juge Bruguière ? Il s'agit d'un prétexte pour attaquer le FPR, tenter de modifier le cours des choses ici. Comment une personne raisonnable peut-elle mettre en équation cet attentat avec le fait qu'un million de personnes ont perdu la vie ? C'est un dévoiement de la justice. Cette ordonnance représente une tentative pour déstabiliser le Rwanda, et n'est pas un fait isolé. Depuis douze ans, la France nous rend la vie difficile, à l'ONU, à la Banque mondiale, au FMI, et aussi au sein de l'Union européenne. Quant au dossier lui-même, il est tellement faible que toute personne dotée de bon sens ne peut prendre ce document au sérieux. Qui ose lancer un mandat contre les principaux dirigeants d'un pays étranger ? Je regrette de le dire, mais je me pose des questions sur la manière dont les Occidentaux traitent l'Afrique. Ont-ils tellement de mépris pour nous qu'ils considèrent qu'il est facile pour un juge de construire une argumentation et d'arrêter le président d'un autre pays ? Et cela alors que la France a été partie prenante dans le conflit et qu'elle a perdu la partie... Malgré cela, les Français estiment avoir toujours l'autorité suffisante pour juger ceux-là mêmes qu'ils ont combattus ! Mais lorsque je dis que si un juge français peut faire cela, rien n'empêcherait un juge rwandais de vouloir arrêter et faire juger certains dirigeants français, tout le monde sursaute... Si nos citoyens peuvent tomber sous le coup de leur justice, pourquoi l'inverse ne serait-il pas possible ? Le dossier lui-même indique que Bruguière n'agit pas indépendamment du politique... Voyez les témoins : tous des ex-militaires, des membres du gouvernement génocidaire, et ces deux anciens du FPR, dont Abdul Ruzibiza. Un homme qui assure avoir participé à l'attaque de l'avion alors qu'au moment des faits, il n'était qu'un simple aide infirmier, mis en prison par la suite pour escroquerie... et Bruguière croit qu'il a été l'un des cerveaux du FPR, présent à toutes nos réunions ! L'autre témoin, Ruzigana, assure qu'on lui a prêté des propos qu'il n'aurait jamais tenus, et qu'en réalité, le juge l'avait chassé de son bureau car il avait affirmé qu'il ignorait tout de l'attentat et de l'existence d'un « network commando » ! Visiblement, ce n'étaient pas les faits qui intéressaient le juge, il voulait qu'on lui dise ce qu'il voulait entendre... Chacun sait que le génocide des Tutsis avait commencé bien avant la mort de Habyarimana. Les Français le savent mieux que personne ; puisqu'ils avaient des agents sur place, qui avaient d'ailleurs formé les tueurs. Et bien avant l'attentat, le journaliste extrémiste Hassan Ngeze avait prédit que Habyarimana devait mourir... © Copyright Le Soir |
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Le Figaro.fr 13 Décembre 2006 |
Rwanda : Paris ignore les mandats d'arrêt - PATRICK DE SAINT-EXUPÉRY. (Le Figaro.fr) Publié le 13 décembre De notre envoyé spécial à Kigali PEU APRÈS qu'aient été lancés neuf mandats d'arrêts visant des responsables rwandais mis en cause par une instruction du juge Bruguière, Paris aurait refusé de procéder à l'interpellation de l'actuel chef d'état-major de Kigali, la plus haute personnalité visée par le magistrat. Racontée par des responsables rwandais, l'histoire débute le 22 novembre, cinq jours après que le juge Bruguière a rendu son ordonnance clôturant l'enquête sur l'attentat du 6 avril 1994 et la mort du président rwandais Habyarimana. Ce jour-là, le chef d'état-major rwandais, James Kabarebe, s'apprête à se rendre à Douala où il doit participer à la clôture d'une session d'entraînements militaires franco-africains. Intitulées Sawa 2006, ces manoeuvres réalisées dans le cadre Recamp ont réuni au Cameroun les responsables de nombreuses armées africaines venus s'entraîner avec l'aide de la France. Peu avant son départ, Kabarebe est averti qu'il est visé par un mandat d'arrêt français. Il en rit, lance : « Ce n'est pas mon problème » et embarque dans un avion de la Kenyan Airways. À son arrivée, il est enregistré et dirigé vers un hôtel. Pierre André Wiltzer, haut responsable pour la sécurité et la prévention des conflits, représente la France à la journée de clôture des exercices. Le général Georgelin, chef d'état-major des armées, est là. Tout comme le ministre belge de la Défense, des responsables européens et, bien sûr, de nombreux responsables politiques et militaires africains. La journée est « VIP ». « Comme tout le monde, affirme le général Jérôme Ngendahimana, conseiller de Kaberebe, nous nous sommes présentés, avec le chef d'état-major, sur le lieu des cérémonies. Le général français Roger Renard, coorganisateur de l'exercice Sawa 2006, m'a fait appeler ». Selon l'officier rwandais, ce dernier aurait dit : « Écoute Jérôme, tu dois certainement être au courant des mandats d'arrêts émis par Bruguière. Je pense qu'il serait imprudent de vous rendre à la conférence pour les chefs d'état-major sur la frégate Germinal en présence du chef d'état-major français. (la frégate Germinal est territoire français, NDLR). Car si vous y allez, nous arrêtons votre chef d'état-major. » «Nous n'avons pas peur» L'adjoint de Kabarebe fait alors part de la volonté de son supérieur : « Il va s'y rendre. Nous n'avons pas peur. » Incrédulité du général Renard, qui prend alors son téléphone et appelle une autorité. « Le général Georgelin », estime l'officier rwandais, puis raccroche et déclare : « OK. Il n'y aura pas de conférence sur le Germinal. » Celle-ci sera organisée dans une salle prêtée par le général Ngendahimana, qui jouait le rôle de chef d'état-major durant l'exercice Sawa 2006. Une recommandation lui sera également lancée : « Demande à ton chef d'état-major de ne pas trop s'approcher des officiers français. » Ce à quoi, il aurait répondu : « Écoutez mon général, ce n'est pas trop sérieux. Dites plutôt à vos officiers d'éviter de s'approcher de notre chef d'état-major. » Durant la cérémonie de clôture, le chef d'état-major français sera distant de trois mètres du chef d'état-major rwandais. Paris ne dément pas l'histoire. |
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Metula News Agency 13 Décembre 2006 |
''Les Français m'ont précipité de leur hélicoptère !'' Par Serge Farnel © Metula News Agency Ce sont les arbres qui m'ont fait mal. Le témoin hurle soudain de colère dans le micro : "Je veux que vous compreniez le mauvais coeur des Français ! 19 heures à Kigali, 18 heures à Paris. La Commission Nationale Indépendante (CNI) rwandaise, qui enquête sur le rôle de la France dans le génocide au Rwanda en 1994, a repris, ce lundi 11 décembre, ses auditions publiques. Après les auditions des témoins de contexte, il s'agit cette fois-ci des auditions de témoins de faits, c'est-à-dire des acteurs, victimes ou témoins directs de l'action de la France au Rwanda, avant, pendant ou après le génocide. Selon le président de la Commission, seront amenés à témoigner aussi bien des Rwandais, parmi lesquels des personnes actuellement détenues pour leur rôle dans le génocide, que des étrangers. L'échéance des auditions de cette commission a été fixée au 6 avril 2007, mais, si nécessaire, comme l'a rappelé son président, elle est susceptible d'être repoussée. La session des auditions en cours se poursuivra jusqu'au 19 décembre. Le dernier jour étant consacré à une excursion du tribunal dans les collines de Bisesero, dans la soi-disant "Zone Humanitaire Sûre" (ZHS) mise en place par les Français dans le cadre de l'opération Turquoise, et où près de 50'000 Tutsis ont été exterminés. La Ména sera présente sur le terrain, à cette occasion, aux côtés des membres de la Commission. Voici le témoignage du quatrième témoin de cette seconde journée d'auditions, accablant pour la France. Ce mardi, à Kigali, à 14 heures locales, un homme âgé [1] entre dans la grande salle du Conference Hall attenante à la Primature (la cité gouvernementale). L'homme regarde partout autour de lui pendant que le président de la Commission fait un discours introductif afin de lui expliquer l'objet du travail de la commission. Le témoin semble s'en désintéresser et continue de scruter tout ce qui l'entoure. Il arrête son regard sur chacune des personnes présentes dans la salle. Depuis hier, nous avons entendu des témoignages d'anciens miliciens interahamwe – les milices génocidaires hutues - ainsi que ceux d'ex-militaires des FAR – les Forces Armées Rwandaises d'obédience hutue également -. Ce témoin est la première victime à s'exprimer devant la commission. Nous avons choisi de vous présenter son témoignage dans son intégralité, sans autre commentaire. Nous le répercutons à partir de son introduction, en poursuivant par les réponses que le témoin a fournies aux questions qui lui ont été posées par les sept commissaires. "Je suis cultivateur. J'étais allé à Murambi vendre des beignets et des bonbons. Je crois que c'était au mois de juin 94. Je vivais chez un juge qui s'appelait Théogène et pour qui je travaillais. Alors que j'étais assis à vendre mes produits, j'ai été arrêté par des Français. Ils étaient accompagnés d'un jeune interprète qui me traduisait en kyniarwanda ce qu'ils disaient. Ils ont dit que j'étais un complice des Inyenzi (les cafards, surnom donné aux Tutsis par leurs génocidaires. Ndlr). |
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13 décembre 2006 L'Humanité |
Rwanda-France . La suspension des relations entre les deux capitales, suite à l'initiative du juge Bruguière, met la France à l'abri des investigations sur son rôle lors du génocide. La commission d'enquête rwandaise sur les responsabilités et le rôle de la France avant, pendant et après le génocide de 1994 a repris lundi ses audiences publiques à Kigali. Elle aura à entendre des témoins concernant en particulier le rôle des troupes de l'opération « Turquoise » dans des meur- tres et des viols commis dans les régions de Kibuye et Gikongoro (ouest du Rwanda) aux derniers jours des massacres. Cette reprise intervient dans un contexte de crise ouverte entre les deux capitales suite à la recommandation du juge Jean-Louis Bruguière de poursuivre le président Paul Kagame devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) pour sa « participation présumée » à l'attentat contre l'avion de l'ex-président rwandais Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994. Une accusation dénoncée par les autorités rwandaises comme une pure et simple manipulation politique, argument repris par la Communauté rwandaise de France qui, samedi dernier, avait appelé ses membres à manifester à Paris, place de la République. À l'issue de ce rassemblement, il fut souligné, d'une part, que « l'attentat n'est pas "l'élément déclencheur" du génocide. Ce fut un "prétexte" pour mettre en route l'acte final d'un projet longuement mûri par un pouvoir ethniste, raciste et divisionniste ». De l'autre, on rappelait que le juge français n'a jamais jugé bon de se rendre au Rwanda et qu'il fonde son discours sur un petit nombre de témoins, dont « la plupart sont des transfuges du FPR, des déçus du régime qui n'avouent que rarement les véritables raisons de leur défection ». au moins deux questions soulevées Noms plus particulièrement mis en avant par le juge, ceux d'Abdoul Ruzibiza et d'Emmanuel Ruzigana, présentés comme des acteurs du Network Commando censé avoir été organisé par le FPR pour abattre l'avion présidentiel. Ce qui ne va pas sans soulever au moins deux questions. Pourquoi Jean-Louis Bruguière n'inculpe-t-il pas ces deux hommes ainsi mis en cause ? Rappelons que les trois membres d'équipage de l'appareil étaient français et que leur mort est à l'origine de l'instruction engagée, d'ail- leurs, avec retard. Deuxièmement, le juge lui-même se retrouve accusé de manipulation par les deux témoins. L'ex-lieutenant FPR Abdoul Ruzibiza déclare certes ne rien retirer de ses déclarations et écrits (un ouvrage où il met personnellement en cause Paul Kagame), mais ajoute néanmoins qu'il se refuse à devenir une « marionnette de la justice française ». Enfin il estime que l'analyse présentée par le magistrat « semble justifier le génocide. C'est inacceptable. Le génocide n'a pas été causé par l'attentat, mais déclenché par cet événement ». De son côté, Emmanuel Ruzigana écrit, dans une lettre ouverte à Bruguière, « réfuter catégoriquement » tous les propos qui lui ont été « attribués » par ce dernier. Précisant avoir répondu « que je n'avais aucune connaissance sur la personne qui aurait tiré sur l'avion et que, d'ailleurs, je n'étais pas aux environs de Kigali pendant cette période ». A priori, Ruzigana ne pouvait donc appartenir au Network Commando sans cesse évoqué par le juge. polémique relancée par la présidentielle Il reste que la suspension des relations diplomatiques entre le Rwanda et la France bloque la venue annoncée au Rwanda de la magistrate en charge des plaintes déposées contre les militaires de « Turquoise » par plusieurs rescapés rwandais, comme elle va à l'encontre des éventuelles auditions d'officiers français par le TPI d'Arusha. À Kigali, et pas seulement là, certains semblent penser que, par ces temps de précampagne présidentielle dans notre pays, il faut y voir la première des motivations de cette relance de la polémique. D'autant qu'en 1994 l'Élysée et Matignon étaient occupés par deux camps opposés. La crise Kigali-Paris allumée par Bruguière évitera des interférences dangereuses pour bien des envolées politiques qui ne vont pas manquer de se multiplier chez nous dans la proche période. |
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7 déc embre 2006 Le Monde |
Ruzibiza déclare suspendre sa collaboration avec le juge Bruguière: Son annalyse - explique t'il au Monde - aurait du se limiter aux seuls faits de l'attentat. Elle semble justifier le génocide. C'est inaceptable. Le génocide n'a pas été causé par l'attentat, mais déclenché par cet événement. | ||||
Metula News Agency 30 Novembre 2006 |
© Metula News Agency Des individus dont les génocidaires auraient finalement pu épargner la vie, étant donné que le juge Bruguière, ne s'étant jamais déplacé au Rwanda, ne les aurait jamais interrogés ! Kigali a rompu ses relations diplomatiques avec Paris Le Rwanda vient, ce vendredi, de rompre ses relations diplomatiques avec la France. Les autorités rwandaises n'ont pas été convaincues par les propos du porte-parole du Quai d'Orsay, Jean-François Mattei, selon lequel les mandats d'arrêt internationaux émis mercredi par le juge Bruguière à l'encontre de l'entourage du président rwandais, Paul Kagamé, l'auraient été « de sa propre autorité et en totale indépendance ». Les pressions manifestes de l'exécutif français auxquelles fut soumise, il y a un an, la juge d'instruction du Tribunal aux Armées de Paris , pourraient bien ne pas avoir plaidé en faveur de l'image que Mattei a tenté de donner à son homologue rwandais d'une France soucieuse du respect de l'indépendance de la justice. Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Charles Murigande, a fait savoir, par voie de communiqué, que « ces douze dernières années, la France avait mené une guerre à la fois ouverte et clandestine contre le gouvernement rwandais, en espérant le renverser et remettre au pouvoir ses alliés et auteurs du génocide ». Il a annoncé avoir rappelé jeudi son ambassadeur en France pour consultation, et a donné 24 heures à l'ambassadeur français au Rwanda, Dominique Decherf, pour quitter Kigali, précisant que la rupture des relations avec Paris prendrait effet dès lundi. Les autres membres de la mission diplomatique se sont vus, quant à eux, accorder trois jours pour quitter la capitale rwandaise. Murigande a également fait savoir que le centre culturel français à Kigali allait être fermé et tous les contrats de coopération avec la France suspendus. Neuf mandats d'arrêt et une information à Kofi Annan Vendredi dernier, Bruguière a transmis au parquet une ordonnance dite « de soit-communiqué » de 64 pages afin d'obtenir son avis sur l'émission des demandes d'arrestation, à laquelle le Parquet a répondu positivement. Les mandats d'arrêts internationaux vont maintenant être diffusés dans tous les pays membres d' Interpol . La jurisprudence française ne permettant pas de poursuivre Paul Kagamé, en raison de l'immunité diplomatique que lui confère, jusqu'en 2010, sa fonction de chef d'Etat, l'ordonnance du juge Bruguière recommande des poursuites à son encontre devant le Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR) pour sa « participation présumée » à l'attentat. Bruguière a informé, par voie diplomatique, le secrétaire général de l'ONU des éléments de son enquête dans le but qu'il saisisse le TPIR et que ce dernier intente des poursuites contre Kagamé. A Manhattan, l'ONU, qui piétine dramatiquement cette année sur la question du Darfour, est donc aujourd'hui à nouveau rattrapée par son vieux démon du génocide du Rwanda. Du côté d'Arusha (Tanzanie), où il siège, le porte-parole du procureur du TPIR a, quant à lui, déclaré qu'il « ne recevait d'instructions de personne », avant d'ajouter que l'assassinat du président Habyarimana « n'était pas l'affaire du procureur » du TPIR et n'entrait pas dans ses compétences. Les neuf individus visés par les mandats d'arrêts risquent désormais d'être interpellés par Interpol , dès lors qu'ils quitteront le Rwanda, et d'être extradés vers la France, lorsqu'une telle convention existe entre celle-ci et le pays d'interpellation. Il s'agit de dirigeants historiques du FPR actuellement au pouvoir : l'actuel chef d'état-major de l'armée rwandaise, James Kabarebe, ainsi que les deux anciens chefs d'état-major Faustin Nyamwasa, aujourd'hui ambassadeur du Rwanda en Inde, et Samuel Kanyemera, député FPR. Mais aussi Charles Kayonga, chef d'état-major de l'armée de terre, Jackson Nkurunziza, ancien responsable des renseignements militaires, Rose Kabuye, en charge du protocole de la présidence, Jacob Tumwine, lieutenant-colonel à la retraite. Et enfin Franck Nziza et Eric Hakizimana, les deux tireurs présumés. Kagamé nie toute implication dans l'attentat. Le gouvernement rwandais a qualifié, mardi dernier, d' « allégations totalement infondées » les conclusions du juge Bruguière. Le ministre rwandais de la Justice, M. Tharcisse Karugarama, d'ajouter que son gouvernement ne serait pas entraîné dans « une mauvaise situation où nous devrions aussi engager des jeux similaires en inculpant Chirac ou d'autres hauts responsables français ». Et Charles Murigande a déclaré à Reuters que « les Français tentent d'apaiser leur conscience pour leur implication dans le génocide et ils essaient aujourd'hui de trouver un bouc émissaire pour les actes qu'ils ont commis ici ». L'opinion rwandaise s'est fait également entendre, puisque 25'000 Rwandais sont spontanément descendus dans les rues de Kigali, en réaction à l'action du juge français, afin de dénoncer le rôle de l'Hexagone dans le génocide, certains manifestants portant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « France génocidaire ». Du brouillage des auditions de la commission rwandaise Du 11 au 19 décembre prochains se tiendra, à Kigali, la seconde partie des auditions de la Commission Nationale Indépendante , au cours de laquelle seront entendus les « témoins de fait », c'est-à-dire des témoins qui « déclarent avoir été les acteurs, les victimes et les témoins directs de l'action de l'Etat français avant, pendant et après le génocide ». Des témoignages que les autorités rwandaises pourraient utiliser à l'occasion d'une procédure engagée contre Paris devant la Cour Internationale de Justice de La Haye. C'est en tout cas ce qu'a récemment envisagé Kigali qui a fait savoir que ladite commission pourrait être amenée à interroger des responsables politiques et militaires français. Probablement faut-il voir dans la menace juridique qui précède la raison pour laquelle vient enfin d'être transmis au parquet ce que l'on a longtemps nommé le rapport Bruguière , mais dont on n'avait, jusqu'à présent, entendu parler que par le truchement de fuites dirigées vers des journalistes et des media acquis à la politique rwandaise du gouvernement tricolore. Fidèle, en effet, à une stratégie maintes fois utilisée, la France officielle lance ses contre-feux chaque fois qu'il importe d'étouffer des éléments susceptibles de faire connaître son implication dans le génocide des Tutsis du Rwanda. Le document du juge Bruguière a déjà été usé jusqu'à la corde à cette fin, au mépris des règles les plus élémentaires du droit, qui exigent notamment que l'enquête judiciaire soit protégée par le secret de l'instruction. Or on est en droit de se demander – et de demander ! - si le simple fait que les conclusions de l'instruction du « super juge » aient été confiées, en promo , au quotidien français Le Monde , ce bien avant que le parquet n'en soit saisi, n'est pas susceptible d'engendrer sa nullité. Ce qui n'est pas sans nous rappeler l'épisode de la note émise par les services secrets, lorsqu'il s'est agi de parasiter la visite au Rwanda de la juge d'instruction au Tribunal aux Armées de Paris , Brigitte Raynaud, dans le cadre des plaintes de six victimes tutsies contre l'armée française. Le 7 octobre 2005, Le Monde informait ses lecteurs avec prémonition que « les relations entre les deux pays devraient bientôt traverser de nouvelles turbulences avec la fin de l'instruction du juge Jean-Louis Bruguière sur les circonstances de la mort de l'ancien président rwandais ». La note avait alors annoncé que le juge Bruguière était sur le point de conclure son instruction. Pourtant, cette annonce avait déjà été produite dans le même quotidien, le 9 mars 2004, soit dix-neuf mois plus tôt ! Stephen Smith révélant alors à ses lecteurs que « le juge anti-terroriste Jean-Louis Bruguière avait bouclé l'instruction sur le crash de l'avion du président Habyarimana ». A cette époque, il fallait coûte que coûte brouiller la symbolique dixième commémoration du génocide des Tutsis au Rwanda, ainsi qu'un voyage que Kagamé s'apprêtait à effectuer en Belgique. Le juge français boucla donc, en octobre 2005, son enquête… pour la deuxième fois ! « Le crash n'a pas généré le génocide » L'ordonnance de Bruguière ne prouve aucunement que Kagamé est à l'origine de l'attentat du 6 avril, mais quand bien même c'aurait été le cas, cela n'atténuerait en aucun cas la responsabilité de la France dans son implication dans le génocide des Tutsis du Rwanda. Une implication déjà largement démontrée par les témoignages entendus à l'occasion de la première audition de la commission rwandaise ainsi que ceux recueillis préalablement par notre agence. Or le document Bruguière tente d'intriquer les deux événements que sont l'attentat et le génocide, au point de les rendre consubstantiels. Il s'appuie, à cette fin, sur les propos du juriste ivoirien René Degni Segui, selon lequel « l'attaque de l'avion constitue le nœud gordien de cette affaire ». Et comme si cela était insuffisant, le juge anti-terroriste s'inspire du témoignage de Théoneste Bagosora, le cerveau présumé du génocide, aux fins d'étayer la thèse d'un génocide spontané, non planifié. On est au comble de l'ignominie ! Ainsi lit-on, en deuxième page de l'ordonnance, « que cet attentat, rapidement porté à la connaissance des autorités rwandaises et notamment de la Garde Présidentielle – ainsi que l'a confirmé le Général Bagosora – devait aussitôt engendrer une réaction violente des extrémistes Hutu, directement à l'origine du génocide de la minorité Tutsi ». Il suffirait pourtant, pour évacuer définitivement ce questionnement pervers, de retenir la phrase pleine de sens prononcée ces derniers jours par le porte-parole du procureur du TPIR : « le crash n'a pas généré le génocide ». Un juge et des témoins soi-disant en danger Le juge Bruguière aura donc réussi à remettre son document au parquet sans jamais avoir mis les pieds au Rwanda, ce qui est tout bonnement une prouesse lorsqu'il s'agit de mener une enquête sur les circonstances d'un attentat. L'exploit juridique du juge français consiste à s'être forgé une conviction sur un tir des missiles ainsi que sur le crash de l'avion qui s'en est suivi à un continent de distance ! Mais Bruguière n'avait-il pas, en son temps, fait valoir la peur de se faire assassiner s'il se rendait à Kigali ? Un comportement qui jure avec celui de la juge Raynaud, qui elle, était passée outre les conseils de prudence de la Grande Muette et s'était rendue au Rwanda, arguant qu' « elle avait l'habitude des voyages » ! En tout état de cause, les craintes de Bruguière – au plan strictement juridique – ne l'autorisaient pas à faire l'économie des relevés in situ ; car, en matière de justice, on ne peut remplacer par l'intuition et l'imagination l'obligation de procéder sur place aux observations nécessaires à une enquête. La crainte du juge Bruguière de se faire assassiner est confortée par la déposition de Jean-Pierre Mugabe, témoin cité dans l'ordonnance. Ce dernier y relate que le colonel Théoneste Lizinde fut assassiné alors qu'il s'apprêtait à écrire un livre témoignant de l'implication de Kagamé dans l'attentat. Cette appréhension n'a, fort étrangement pas perturbé Abdul Ruzibiza, à propos duquel la journaliste belge Colette Braeckman raconte, qu'à Kigali, il dévoilait à qui voulait l'entendre qu'il était sur le point de publier un ouvrage sur le même thème. Le document de Bruguière insiste pourtant : Kagamé ferait assassiner par son « network (en français « réseau ». Ndlr) de commandos » « tous les opposants au régime et ceux qui avaient participé à des opérations clandestines ou en avaient été témoins, en particulier l'attentat contre le Falcon 50 du président Habyarimana ». Or, à ce jour, après la parution de son livre, Ruzibiza est parfaitement joignable en Norvège, après avoir été exfiltré du Rwanda par les services français. Pour ce qui est de la stratégie consistant à éliminer tous les témoins potentiels de l'attentat, il serait bon, à cet endroit, de rappeler à notre juge anti-terroristes que ce sont les Forces Armées Rwandaises hutues (FAR), et non l' Armée Patriotique Rwandaise (APR) dirigée par Kagamé qui, immédiatement après l'attentat, massacrèrent toutes les personnes, Hutus et Tutsis confondus, qui avaient le malheur de résider sur la colline de Masaka, d'où furent tirés les missiles qui atteignirent le Falcon 50. Suite à ce massacre, perpétré par les amis de la France – et non par ceux que sa justice accuse ! - tous les individus susceptibles de témoigner sur les circonstances de ces tirs ont bien évidemment disparu. Des individus dont les génocidaires auraient finalement pu épargner la vie, étant donné que le juge Bruguière, ne s'étant jamais déplacé au Rwanda, ne les aurait jamais interrogés ! Rappelons également au « super juge » que les FAR étaient une armée mono ethnique hutue. Et que s'il qualifie régulièrement, dans son ordonnance, l'armée burundaise d'armée « mono ethnique » ou à tout le moins « d'armée à forte majorité tutsi », il se doit, cohérence oblige, de procéder à l'identique, en faisant précéder l'abréviation FAR de la mention « armée mono ethnique ». D'autant plus qu'à l'instar de l'armée nazie, qui interdisait à ses officiers d'épouser des Juives, les officiers des FAR avaient l'interdiction de se marier avec des Tutsies… Enfin peut-être est-il utile également de lui signifier qu'il serait plus décent, pour un juge exerçant au pays de la déclaration des droits de l'homme, de qualifier les membres du parti explicitement raciste qu'est le CDR d' extrémistes , au lieu d'employer la formule « dits extrémistes » pour qualifier de semblables individus ! A suivre... |
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Le Monde et divers 20-28 Novembre 2006 |
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Metula News Agency 3 Novembre 2006 |
"Mal nommer les choses ajoute au malheur du monde" (Albert Camus) Rwanda : Un étendard sanglant à laver (17 e partie) Par Serge Farnel © Me tula N ews A gency Auditions de la Commission rwandaise [1] : « Les jeux sont faits. Rien ne va plus ! » Du 24 au 31 octobre dernier, les sept membres de la Commission Nationale Indépendante rwandaise, chargée de « dégager le rôle qu'a joué l'Etat Français dans la préparation et l'exécution du génocide rwandais de 1994 », ont procédé, à Kigali, à la première partie de leurs auditions. Présidée par l'ancien ministre de la Justice, M. Jean de Dieu Mucyo, la commission, dont le mandat s'achèvera en avril prochain, a déjà entendu vingt témoins dits « de contexte » qui, pour avoir occupé de hautes responsabilités à l'époque des faits, sont à même de fournir des informations clés relatives auxdits événements. Treize d'entre eux ont préféré témoigner à huis clos. En dépit de la date limite du 31 octobre qu'elle s'était initialement fixée, la commission a fait savoir qu'elle allait entendre de nouveaux témoins de « contexte » qui se sont faits connaître au cours de cette première phase d'enquête. Parmi ceux-ci figurent des non Rwandais ainsi que des Rwandais de la diaspora. Voici une synthèse des auditions des « témoins de contexte » entendus par la commission. La France participait à « l'élaboration de la stratégie du génocide » C'est ce qu'a déclaré le témoin Kayimahe Vénuste aux membres de la commission, en évoquant les nombreuses réunions qui eurent lieu entre des officiels français et de hauts politiques et militaires rwandais. Des réunions que Kayimahe organisait dans le cadre de son emploi au Centre culturel français de Kigali. Ainsi a-t-il évoqué une réception officielle qui fut tenue, en 1989, à la Résidence de France à Kigali, en l'honneur d'officiers coopérants militaires français, alors fraîchement débarqués au Rwanda. Selon le témoin, l'ambassadeur français, Georges Martres, les aurait présentés aux invités comme étant attachés au département d'assistance militaire (le coeur de la coopération militaire franco-rwandaise) avant de leur préciser qu'ils allaient, en toute illégalité, soutenir l'armée rwandaise aux fins de faire échec à une attaque de l' Armée Patriotique Rwandaise (APR, armée rebelle à majorité tutsie). Le témoin a, par ailleurs, précisé qu'eurent lieu de nombreuses réunions rassemblant, autour d'une même table, des extrémistes du régime rwandais et des officiels français. Des réunions au cours desquelles les stratégies relatives aussi bien à un « front commun des Hutus contre le FPR ( Front Patriotique Rwandais , mouvement rebelle à majorité tutsie, ndlr) » qu'à une « défense civile » auraient été conçues et débattues. La France formait les génocidaires C'est ce que sont venus confirmer de nombreux témoignages, tel celui du député Jean Marie Vianney Gatabazi, qui était, entre 1990 et 1994, agent de l'administration territoriale à Byumba, près de la zone des combats. Lors de sa déposition, il a déclaré que la France avait formé les instructeurs des membres de l'armée ethnique des Forces Armées Rwandaises (FAR) ainsi que des milices génocidaires Interahamwe . Gatabazi a fondé cette dernière affirmation sur les confidences qui lui avait été faites, en mars 1994, par l'un de ses amis, le lieutenant Innocent Mburuburengero. Alors membre des FAR, ce dernier avait été formé à Kotakoli ( République Démocratique du Congo (RDC), ex-Zaïre) par des militaires français, avant d'être envoyé à Kibungo, pour participer, sous la supervision directe d'instructeurs français, à la formation de près de 600 miliciens génocidaires ! Une accusation corroborée par le témoignage de l'actuel député à l 'assemblée nationale rwandaise, Elysée Bisengimana, qui, de 1987 à 1992, était étudiant à Nyakinama. Il a indiqué se souvenir que, sur le terrain de sport du campus au sein duquel étaient hébergés des soldats français, ces derniers formaient miliciens et soldats des FAR. Le témoin Jean Damascène Nyandwi a également confirmé cette accusation, appuyant sa déposition sur les confidences de quatre Interahamwe qui l'avaient assuré avoir été formés par les Français à Kanamba et à Gishwati afin d'être en mesure, le moment venu, de barrer la route au FPR. « D'ici peu, la sang va couler à flot », se plaisaient-ils à dire à leur retour de formation, alors qu'ils regagnaient leur village et tandis que les militaires, eux, regagnaient leurs casernes. Quant au témoin Martin Ndamage, actuellement colonel dans l'armée rwandaise, et anciennement membre des FAR, il a déclaré à la commission avoir été personnellement témoin de l'implication directe des soldats français, aussi bien dans l'instruction militaire et paramilitaire que, directement, dans les combats de Nyakinama, Kinigi, Cyeru et Gabiro. La France savait que se préparait un génocide C'est ce qu'est notamment venu expliquer le témoin Jacques Bihozagara, dont nous avions communiqué aux lecteurs de la Ména un extrait du discours qu'il prononça, il y a deux ans et demi à l' Unesco [ lire : "Rwanda (8) Les victimes face aux tentatives de justification de leur génocide"] , alors qu'il occupait les fonctions d'ambassadeur du Rwanda à Paris. Avant cela, entre 1990 et 1994, il était représentant en Europe du FPR. C'est à ce titre qu'il accompagna, en 1992, une délégation à l'invitation transmise par Paul Dijoud, alors directeur Afrique au Quai d'Orsay. Dijoud, qui avait alors un certain Dominique de Villepin pour adjoint, avait proposé sa médiation aux fins de sortir le Rwanda du conflit qui opposait le FPR (tutsi) aux autorités rwandaises (hutues à l'époque). Selon Bihozagara, la France avait fait la sourde oreille à ses explications relatives à la nature du régime du président Habyarimana ; des explications destinées à faire comprendre à ses interlocuteurs les raisons profondes de la guerre que menait le FPR. Il a rapporté que Paul Dijoud aurait directement menacé les membres de la délégation tutsie en ces termes exempts de toute équivoque : « Si vous ne déposez pas les armes, vous trouverez tous les vôtres déjà exterminés à votre arrivée à Kigali ! ». Jacques Bihozagara, s'adressant aux membres de la Commission Nationale Indépendante , leur demanda s'il convenait de considérer les propos du diplomate français « comme une prophétie ou bien comme une apologie du génocide ». Le témoin a envisagé à la barre la probabilité selon laquelle « Paul Dijoud était au courant de ce qui se tramait, étant donnés les liens étroits qui unissaient son gouvernement à celui du Président Habyarimana ». Mais Jacques Bihozagara ne s'est pas contenté de cette anecdote pour affirmer que la France savait pertinemment que le génocide était planifié. Il s'est également appuyé sur le Rapport d'Enquête Internationale réalisé en 1993 par plusieurs ONG. Un rapport qui faisait état des signes avant-coureurs du génocide, et qui fut remis, par un groupe de femmes rwandaises, en main propre, à l'épouse de François Mitterrand, alors que celle-ci présidait à Bruxelles une réunion de son association France Liberté . Il s'est aussi appuyé sur le contenu des télégrammes de Roméo Dallaire, alors Chef militaire de la Mission des Nations unies pour l'assistance au Rwanda (Minuar). Des télécopies qui alertaient – sans laisser planer le moindre doute - de l'imminence du génocide, et qui furent adressés aussi bien à l' Union Européenne qu'au Conseil de Sécurité , dont il convient de rappeler que la France est membre permanent. La France manipulait l'opinion tandis qu'elle camouflait la préparation du génocide Au cours de sa déposition, Bihozagara a affirmé que les autorités françaises avaient opté pour une stratégie de communication inversant la situation qui prévalait alors au Rwanda. Alain Juppé, alors ministre des Affaires Etrangères, évoquait l'imminence d'une « guerre de l'Ouganda contre le Rwanda pour créer l'empire Hima-Tutsi ». François Mitterrand, quant à lui, digressait volontiers sur le thème d'une « guerre entre serfs et seigneurs », tandis que son chef d'état major personnel, le général Quesnot, mettait sur pied le concept de « Khmers noirs », à la seule fin de dénigrer le FPR. « En nous ayant mis dans la même catégorie que les Khmers rouges du Cambodge », a déclaré Jacques Bihozagara, « on entendait créer l'impression, dans l'opinion publique, que le FPR était un groupe rebelle inhumain ». Et le témoin d'insister ensuite sur la guerre médiatique sans merci diligentée en France contre le FPR tutsi, notamment par l'intermédiaire des reportages réalisés pour RFI par feu Jean Hélène. Le témoin précisa que les journalistes de RFI qui commençaient à expliquer correctement la nature du conflit rwandais étaient systématiquement écartés des ondes par leur direction. Bihozagara n'a pas hésité un seul instant à affirmer que la France, qui savait que se préparait un génocide, avait choisi de « camoufler la réalité ». Une accusation que corrobore le témoignage du sénateur Iyamulemye Augustin. Celui-ci dirigea le service des renseignements intérieurs du bureau du premier ministre rwandais entre 1992 et 1994. Il a indiqué à la Commission que les soldats français contrôlaient le Centre Criminel de Recherche et de Documentation , connu également sous le nom de fichier central . Selon le témoin, les Français ont usé de ce pouvoir pour occulter systématiquement les preuves relatives à l'augmentation de la criminalité et de la violence au Rwanda à l'approche du génocide. La France tuait les Tutsis tout en feignant de les protéger L'opération pseudo humanitaire Turquoise n'a pas non plus été épargnée par les « témoins de contexte ». Pour Jacques Bihozagara, la France aurait usé de son influence pour créer cette opération sous prétexte de secourir les populations tutsies menacées de génocide, alors que ce n'en était absolument pas la raison. L'ancien ambassadeur illustra son accusation par le fait que « le site de Murambi, qui héberge aujourd'hui les restes des dizaines de milliers de victimes du génocide, était en plein coeur de la zone Turquoise ». Que penser également de la déposition d'Elysée Bisengimana qui, pendant le génocide, se trouvait chez lui, dans l'ex-Province de Cyangugu ? Il se souvient avoir été témoin oculaire de l'entrée des soldats français dans le cadre de Turquoise . « A leur arrivée à Cyangugu », a déclaré Bisengimana à la commission, « les militaires français ont été accueillis triomphalement par les Interahamwe , les miliciens hutus qui étaient en train de commettre le génocide, lesquels brandissaient des calicots sur lesquels on pouvait lire « Vive la France » ou « Vive le MRND » [2] et qui agitaient des drapeaux de la République française ». Le témoin a, par ailleurs, fait part de la rapidité avec laquelle s'était alors installée la collaboration entre les soldats français et les miliciens génocidaires : patrouilles communes, opérations conjointes aux frontières, ainsi qu'à des barrages où, sur la base de la mention ethnique qui figurait sur les cartes d'identité rwandaises, les soldats français ne laissaient passer que les Hutus. Un scénario que le témoin Gatabazi a également confirmé avoir constaté sur des barrières à Nyabugogo, près de Kigali, ainsi qu'à Kirenge, près de Shyorongi. Quant au témoin Jean Damascène Nyandwi, il a traversé le génocide dans l'ex-province de Gikongoro, qui faisait partie de la Zone Humanitaire Sûre (ZHS) mise en place par la France dans le cadre de Turquoise . Il a indiqué que les soldats français y pourchassaient les Tutsis, prétextant qu'il s'agissait de soldats du FPR qui auraient infiltré la ZHS. M. Nyandwi a affirmé dans son témoignage que « les personnes capturées étaient conduites vers une destination inconnue. J'ai comme l'impression », a-t-il conclu, « que les Français avaient des appareils qui leur permettaient de savoir où les gens s'étaient cachés ». La France préparait la reconquête du Rwanda De multiples témoignages sont enfin venus appuyer la thèse d'une stratégie de reconquête du Rwanda à partir de la République Démocratique du Congo . Il s'agissait d'abord, pour la France, d'exfiltrer les génocidaires du Rwanda vers la RDC. Le témoin Nyandwi a rapporté qu'à Gikongoro, où, à la demande du gouvernement génocidaire qui fuyait l'avancée du FPR (tutsi), des centaines de milliers de personnes, à majorité hutue s'étaient réfugiées, avait été organisé un grand rassemblement populaire au cours duquel les soldats français lancèrent aux populations hutues : « Si vous ne fuyez pas vers le Zaïre, les Inkontanyi (nom des soldats du FPR, ndlr) vont vous égorger », tout en mimant le geste de l'égorgement, afin de pallier à leur méconnaissance du Kinyarwanda. Selon le témoin Martin Ndamage, cette fois-ci, la France continua à soutenir les forces génocidaires, même une fois qu'elles se furent exilées au Congo. Ndamage fut l'un des signataires de la Déclaration de Kigeme qui condamnait le génocide et se désolidarisait du gouvernement génocidaire. Par crainte d'affrontements à Kigeme, entre dissidents et forces loyalistes, ils furent aussitôt démis de l'armée et évacués vers Kavumu, au Congo, où la France avait établi une base militaire. Une fois le FPR au pouvoir à Kigali, entraînant l'exil des forces génocidaires en République Démocratique du Congo , Martin Ndamage et ses collègues parvinrent à rencontrer le général Roméo Dallaire, ce, en dépit de l'opposition des soldats français. D'un commun accord, ils manifestèrent alors leur intention de rentrer au Rwanda. A la tombée de la nuit, le témoin a narré comment ils furent brimés et désarmés par les soldats français, au motif qu'ils s'opposaient au gouvernement hutu en exil en RDC. Ce gouvernement qui venait pourtant de commettre un génocide ! Les soldats de Turquoise leur assénèrent : « Nous ne pouvons pas continuer de rester avec vous ici alors que vous vous opposez à votre gouvernement ! ». Autant de témoignages qui appuient l'accusation selon laquelle la France aurait tenté d'entretenir les forces génocidaires sur les hauteurs du Kivu, dans l'est du Congo, afin de les préparer à reconquérir le Rwanda par la force. En toute connaissance de ce que près d'un million de civils venaient d'être exterminés par leurs protégés… Bonne et heureuse année 2007 ! Alors que la Commission rwandaise s'apprête, ce mois-ci et au cours de l'année 2007, à écouter, dans le cadre de la seconde phase de ses auditions, les témoins dits « de faits », c'est-à-dire des témoins et victimes directs des actes reprochés aux soldats et officiels français, et que plus de 70 d'entre eux se sont déjà fait connaître, on apprenait hier que la France vient de déclassifier 105 notes des services secrets de la DGSE ( Direction Générale de la Sécurité Extérieure ). Cette décision permet ainsi à la juge d'instruction du Tribunal aux Armées de Paris , Florence Michon, d'y avoir accès. Ce, dans le cadre de son enquête consécutive aux plaintes contre X déposées par six victimes tutsies accusant les militaires français d'avoir, durant le génocide de 1994, commis viols, meurtres et laissé des miliciens génocidaires enlever des réfugiés tutsis dont ils étaient chargés de la protection. Notes : [1] Pour les conditions de la mise en place de la Commission rwandaise, lire : " Un étendard sanglant à laver (2ème partie)" . [2] Mouvement Républicain National pour la Démocratie et le développement, le parti au pouvoir sous Habyarimana. |
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Divers 30 octobre 2006 |
LA FRANCE ACCUSEE (Collectif Van) |
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Divers 24-25 octobre 2006 |
Une commission d'enquête rwandaise s'interroge sur le rôle de la France pendant le génocide de 1994LE MONDE: LIBERATION |
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Metula News Agency 21 Octobre 2006 |
Il n'y a pas génocides et génocides | ||||
| 17 octobre 2006 | FELICIEN KABUGA : UN GROS POISSON DU TPIR TOUJOURS LIBRE A DEUX ANS DE L'ECHEANCE DU TRIBUNAL Arusha, 16 octobre 2006 (FH) - Deux ans avant sa fermeture, le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) espère toujours arrêter et juger l'argentier présumé du génocide de 1994, le milliardaire Félicien Kabuga qu'il recherche depuis près de 10 ans. Une prime de cinq millions de dollars a été promise par Washington pour qui aidera à sa capture et, à chaque occasion, les responsables du tribunal demandent l'aide des Etats, notamment du Kenya, pour son arrestation. Mais l'engagement de Nairobi, principale résidence suppsoée de Kabuga, ne semble pas très convaincant . Pour le chef des poursuites au TPIR, l'Américain Stephen Rapp qui ne pratique pas la langue de bois, celui qui est accusé d'avoir commandé les milliers de machettes qui ont servi au génocide ne sera traduit devant le tribunal des Nations unies que si « les autorités kényanes coopèrent vraiment ». Bien qu'il en ait fait la demande un mois auparavant, le procureur en chef du TPIR, Hassan Bubacar Jallow, n'a pas pu rencontrer, lors de sa visite à Nairobi fin septembre, le ministre kényan de l'Intérieur John Michuki, principal membre du gouvernement concerné par la question, a révélé l'un des principaux journaux kényans, The Nation. Jallow qui s'était fait accompagner par plus d'une vingtaine de diplomates a rencontré la ministre de la Justice, Martha Karua. Cette audience a été présentée à Arusha comme une avancée et le porte-parole du tribunal, M. Everard O'Donnell, a même déclaré que les jours de Kabuga en homme libre étaient "comptés". Au bureau du procureur ou dans les ambassades occidentales à Nairobi, on semble plus prudent. Selon le Nation, « il n'est pas clair que le Kenya se soit engagé à mettre en place une force spéciale pour aider à l'arrestation du fugitif rwandais » qui a déjà échappé à plusieurs opérations conjointes de la police kényane et du TPIR. Mis en accusation depuis 1997, Kabuga mène l'essentiel des ses activités commerciales au Kenya, selon le procureur. Au Rwanda, ses biens, d'abord gelés, ont été remis à une de ses filles qui continue notamment à gérer les nombreux immeubles que son père possède dans la capitale. Parti de rien avant de bâtir laborieusement la plus importante fortune de son pays en son temps, l'homme d'affaires dispose de plusieurs amitiés solides auprès de certains gouvernements africains. Après la déroute électorale en 2002 de l'ex-président kényan Daniel Arap Moi, qui fut, selon plusieurs sources, son principal protecteur, les jours de liberté de Kabuga semblaient comptés. Mais «le gros poisson» n'est toujours pas tombé dans les filets en dépit du renforcement de l'équipe de traque du procureur. " Il a toujours des appuis importants, même au sein du nouveau régime », estime sous couvert de l'anonymat, une source au bureau du procureur. Selon Rapp, l'inculpé se déplace librement grace à de fausses identités non seulement au Kenya mais aussi dans des îles de l'Océan Indien et dans plusieurs pays d'Afrique centrale et occidentale. A défaut de mettre la main sur la personne, le procureur essaie, mais sans grand succès, de lui rogner les ailes. «Nous avons réussi à faire geler 6 à 8 millions de dollars sur des comptes ouverts aux noms de membres de sa famille ; nous sommes sûrs que c'est son argent mais nous savons aussi qu'il possède, de loin, plus que ça », confie M.Rapp. Les difficultés d'arrêter Kabuga ont par ailleurs été évoquées lundi aux Nations unies par le président du TPIR, le juge norvégien Erik Mose qui présentait son bilan annuel. « Au regard de la stratégie d'achèvement du TPIR, a déclaré le premier magistrat du TPIR , il est important qu'il soit arrêté et transféré à Arusha le plus tôt possible pour que sa culpabilité ou son innocence soit déterminée ». Les responsables du tribunal ont déclaré à plusieurs reprises qu'il n'était pas question de transférer le dossier Kabuga devant une juridiction nationale. Déja critiqué pour n'avoir jugé jusqu'à présent que des responsables de l'ancien régime alors que son mandat portait également sur les crimes de guerre qu'auraient commis par les vainqueurs, le TPIR voudrait au moins finir avec un coup d'éclat pour améliorer son bilan et son image. |
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| 17 octobre 2006 | Paris a négocié l'audition d'officiers français à Arusha ( Le Figaro 17/10/2006) « La sécurité nationale » française pourrait être en jeu dans le dossier rwandais. C'est, en tout cas, ce qui ressort d'une lettre officielle adressée par Paris au Tribunal pénal international sur le Rwanda (TPIR). Cité dans une décision judiciaire en date du 20 septembre 2006, ce courrier pose cinq conditions à l'audition d'officiers français présents au Rwanda dans les années 1990-1994. Au nombre de ces conditions, extrêmement restrictives, celle-ci : afin de « préserver la sécurité nationale », un représentant du gouvernement français pourra « demander à ce que le témoin soit dégagé de l'obligation de répondre à certaines questions ». Deux officiers, dont l'un d'active, pourraient être entendus, dès la semaine prochaine, par le tribunal. Le colonel Grégoire de Saint-Quentin est cité comme témoin par l'avocat de la défense du major Aloys Ntabakuze accusé de « génocide », « crimes contre l'humanité » et « crimes de guerre ». Présent en 1994 à Kigali et premier étranger à s'être rendu sur les lieux du crash de l'avion présidentiel, Grégoire de Saint-Quentin, alors lieutenant-colonel, a participé à la formation d'un bataillon paracommando et était chargé de l'instruction d'un peloton CRAP. Le second officier, le colonel à la retraite Jean-Jacques Maurin est cité par la défense de Théoneste Bagosora, tenu pour le « cerveau du génocide ». Lieutenant-colonel en 1994, Jean-Jacques Maurin occupait alors le poste d'adjoint à l'attaché de défense de l'ambassade de France à Kigali |
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| 9 octobre 2006 | L'HUMANITE: un livre de haine raciale AFRICATIME: Le "négationniste" Péan traîné en justice à Paris Sos Racisme a porté plainte pour ‘négationnisme' contre Pierre Péan, auteur du livre sur le génocide rwandais ‘Noires fureurs, blancs menteurs', annonce Afrique Centrale.info. Selon Dominique Sopo, président de l'association française, l'ouvrage ‘reprend de fait des présupposés de l'idéologie génocidaire qui a conduit au drame des Tutsis essentiellement au Rwanda'. |
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Hirondelle
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Mediaterre 6 septembre 2006 |
Femmes d'Afrique: Un continent sur les épaules |
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Le Soir 4 septembre 2006 |
Ntuyahaga sans doute jugé en 2007 | ||||
DH Net 4 septembre 2006 |
Paras tués au Rwanda: procès en 2007 | ||||
IPS 28 aout 2006 |
PEINE DE MORT : Un processus délicat - mais désiré - de l'abolition au Rwanda | ||||
Jeune Afrique 23 aout 2006 |
Premier pays à se soumettre au Mécanisme africain d'évaluation par les pairs, le Rwanda a été bien noté. Mais il peut mieux faire. LIRE ICI | ||||
Jeune Afrique 15 aout 2006 |
Kagame écarte l'idée d'une adhésion au Commonwealth | ||||
Jeune Afrique 12 aout 2006 |
Arrestation aux Pays Bas | ||||
All Africa 21 Juillet 2006 |
Rwanda: Les tribunaux populaires 'Gacaca' seront-ils à la hauteur des attentes? | ||||
Le Monde 15 Juillet 2006 |
Article sur la validité des plaintes contre l'Armée Française | ||||
L'Humanité 24 Mai 2006 |
ARTICLE 1............. ARTICLE 2 | ||||
Metula News Agency Février - Mai 2006 |
Articles à lire: ARTICLE 1.............. ARTICLE 2>http://www.menapress.com/article.php?sid=1314">ARTICLE 2 ............... ARTICLE 3 ............... ARTICLE 4 ........ ARTICLE 5........ ARTICLE 6......... ARTICLE 7............. ARTICLE 8............ ARTICLE 9....... ARTICLE 10 ....... ARTICLE 11 ............. ARTICLE 12 ........... ARTICLE 13.......... ARTICLE 14............. ARTICLE 15.. .Mal nommer les choses ajoute au malheur du monde" (Albert Camus) : LIRE ICI (Article 4) |
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Le Temps.ch 9 avril 2006 |
INTERVIEW de Charles MURIGANDE lors des Commémorations au Rwanda | ||||
Le Monde 6 avril 2006 |
Il y a douze ans jour pour jour, le 6 avril 1994, l'attentat perpétré contre le président rwandais Juvénal Habyarimana entraînait le "pays des mille collines" dans un génocide qui, en cent jours, faisait près de 800 000 morts, essentiellement tutsis. Différents témoignages ont depuis permis de démonter et de comprendre la mécanique du génocide, levant quelques zones d'ombre sur les implications des acteurs rwandais et internationaux. Dans un rapport remis en début d'année au procureur du tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), le français André Guichaoua, expert auprès du procureur et professeur de sociologie à la Sorbonne, à Paris, revient sur les événements survenus à l'ambassade de France, dont il a été le témoin direct, entre le 6 et le 11 avril à Kigali. En décembre 1998, la mission d'information parlementaire sur le Rwanda avait écarté les allégations selon lesquelles l'ambassade de France à Kigali avait procédé à une évacuation "sélective" des Rwandais réfugiés dans ses locaux. Le rapport de M. Guichaoua, en revanche, la reprend à son compte sur la base d'une enquête personnelle. L'expert rappelle les critères ayant conduit à l'évacuation de 394 ressortissants rwandais, dont Paris avait classé la liste "secret défense" : leur curriculum vitae accrédite la thèse d'une "évacuation sélective, politique et ethnique", affirme M. Guichaoua. Dès le 7 avril, confirme-t-il, tous les ministres du Mouvement républicain national pour la démocratie et le développement (MRND), le parti-Etat, et des dizaines de personnes, "connues comme figurant parmi les éléments politiques les plus radicaux de la mouvance présidentielle", trouvaient refuge à l'ambassade. Bon nombre de ces extrémistes hutus y furent conduits sous escorte de la Garde présidentielle, alors en charge des massacres des personnalités de l'opposition. Sélection ? Les cinq orphelins d'Agathe Uwilingiyimana, premier ministre assassiné dès le 7 avril 1994, ne seront, eux, évacués par l'ambassadeur de France, Jean-Michel Marlaud, qu'après l'intervention de la cellule africaine de l'Elysée et du représentant de la Suisse. A l'aéroport de Roissy, ils passeront une journée en zone internationale avant d'être transférés à Genève. En revanche, parmi les dignitaires reçus à l'ambassade, beaucoup figureront, après le génocide, parmi "les premiers demandeurs d'asile en France". Ils sont "très nombreux à résider depuis lors en France". En 1998, ce dossier sera évacué par la mission d'information parlementaire. Au cours de ses recherches, le professeur Guichaoua a analysé les "agendas" des principaux acteurs de la tragédie rwandaise. Depuis dix ans, devant le tribunal international basé à Arusha, en Tanzanie, les accusés ont eux-mêmes témoigné, levant, à leur corps défendant, quelques "secrets du génocide" dans un sauve-qui-peut judiciaire. De l'autre côté, malgré la crainte d'être éliminés par les services spéciaux du régime de l'actuel président Paul Kagamé, certains témoins de l'intérieur, membres de l'armée victorieuse, ont, eux aussi, commencé à raconter leur guerre. Ces différents témoignages donnent une vision plus claire de la montée des tensions entre les deux forces en présence depuis le début de la guerre civile déclenchée en 1990 par les rebelles du Front patriotique rwandais (FPR), qui s'empareront du pouvoir quatre ans après leur première offensive d'octobre 1990. Au cours de ces quatre années, les rebelles mènent une campagne de terreur alternant assassinats politiques et attentats, qui nourrissent un cycle de représailles orchestrées par le régime en place. Le 6 avril 1994, jour de l'attentat contre le président rwandais, tous les indicateurs d'un massacre à grande échelle sont allumés. La mort du président rwandais a libéré "l'énergie des extrémistes hutus". A l'ambassade de France les 7 et 8 avril, les dignitaires du MRND fixeront les nouvelles orientations des futures institutions, rétablissant de facto le parti-Etat. En huit jours, la machine génocidaire se mettra en place pour devenir une politique d'Etat. L'armée est neutralisée au profit des extrémistes, les administrations "libérées" des éléments modérés. Le gouvernement intérimaire peut s'appuyer sur des structures établies de longue date. "L'ordre administratif et moral" qui régit une société rwandaise très strictement encadrée peut être détourné à des fins criminelles. Dans les deux camps, refusant toute négociation, les dirigeants vont conduire à leur terme leurs objectifs de guerre, considérant les victimes des massacres et du génocide comme quantité négligeable. Stéphanie Maupas Article paru dans l'édition du 07.04.06 |
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Libération 22 Mars 2006 |
Des plaintes accusant l'armée de complicité de génocide jugées recevables en France: LIRE ICI | ||||
Le Figaro 18 et 20Mars 2006 |
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Le Monde 16 Mars 2006 |
Les enfants-parents du Rwanda: LIRE ICI | ||||
Jeune Afrique 5 Mars 2006 |
Série d'articles sur le Rwanda de 2006: lire ici | ||||
Le Soir 21 janvier 2006 |
...Pierre Péan n'était pas un tireur isolé. Son pamphlet faisait partie d'une offensive médiatique généralisée, prenant pour cible le régime de Kigali et son président, Paul Kagame. En effet, une demi douzaine de livres ont été publiés quasi simultanément, reprenant tous les mêmes thèmes, la responsabilité du FPR dans l'attentat contre l'avion du président Habyarimana, présenté comme l'élément déclencheur du génocide, les massacres commis par le FPR à l'encontre des Hutus, ce qui mène à la thèse du double génocide. Tous ces auteurs, qui visiblement se connaissent, s'épaulent et s'inspirent, puisent aux mêmes sources, l'enquête du juge anti- terroriste Bruguière, présentée comme achevée depuis deux ans et qui n'est connue que par des « fuites » privilégiées et le témoignage d'un transfuge du FPR, Abdul Ruzibiza, qui se définit comme un membre du « network », le commando tutsi qui aurait abattu l'appareil présidentiel et qui a été amené de Kampala à Paris par les services français qui l'avaient rencontré lors de l'Opération Artemis en Ituri en 2003/.../si le Rwanda est biffé de toutes les cérémonies du culte mitterrandien, il est curieusement présent sur le plan éditorial ( Pierre Péan, Noires fureurs, blancs menteurs, édition Mille et une nuits; Lieutenant Abdul Joshua Ruzibiza, Rwanda, l'histoire secrète, éditions du Panama; Charles Onana, avec préface de Pierre Péan, Les secrets de la justice internationale, enquêtes truquées sur le génocide rwandais, éditions Duboiris, Sous la direction du même auteur : Silence sur un attentat, le scandale du génocide rwandais, éditions Duboiris, Jacques Hogard, Les larmes de l'honneur, 60 jours dans la tourmente du Rwanda, éditions Hugo.doc ). Comme si, onze ans après, il était urgent d'allumer des contre feux. Pour quel incendie ? Car enfin, si la juge des armées vient à conclure que des soldats français engagés dans l'Opération Turquoise se sont mal comportés et doivent être sanctionnés, pourquoi toute l'institution militaire devrait elle se sentir visée ? On ose croire que, lorsque certains militaires fraternisaient ou collaboraient avec les extrémistes hutus, ils agissaient à titre individuel et non pas sur ordre de leurs supérieurs. Rappelons que, lorsqu'il se confirma que des militaires belges avaient commis des exactions en Somalie en 1993, ces hommes furent sévèrement sanctionnés mais sans que l'armée belge ou l'Etat ne se sentent ébranlés pour autant. (Il en alla autrement lors de la mort des Casques bleus en 1994 et de l'abandon du Rwanda par la Belgique officielle…) Faut il croire que lorsqu'un militaire français est mis en cause, c'est la France, en tant qu'Etat, qui se sent attaquée ? Si tel était le cas, notre grand voisin ne différerait guère des Etats-Unis, qui refusent pour leurs soldats la juridiction de la Cour pénale internationale… En dressant des rideaux de fumée pour masquer ses ambiguïtés au Rwanda ou ailleurs, en refusant de regarder en face les compromissions du passé, en refusant toute forme d'excuse, la France s'enfonce dans son malentendu avec l'Afrique. Ce n'est pas une loi qui dira les bienfaits de la colonisation, cette reconnaissance là doit venir des peuples eux-mêmes. Les Africains devraient, sans arrière pensées, pouvoir rejoindre Paris dans son légitime combat pour l'exception culturelle et contre l'uniformisation du monde. Mais en se solidarisant avec les erreurs commises hier au Rwanda, la France d'aujourd'hui donne le sentiment qu'elle n'a pas changé et fournit elle-même des arguments à ses rivaux en Afrique. Constater cela, avec tristesse, ce n'est pas être hostile à notre grand voisin. C'est croire, au contraire, que ce pays là vaut mieux que ceux qui le défendent aujourd'hui si maladroitement. Colette Braeckman dans le Soir du 21 janvier |
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Agence Hirondelle 23 décembre 2005 |
INTERROGATIONS A ARUSHA APRES L'ANNONCE DE LA MORT D'UWILINGIYIMANA Arusha, 23 décembre 2005 (FH) - La mort de Juvénal Uwilingiyimana, ancien ministre rwandais qui était proche du pouvoir à Kigali en 1994, a soulevé une grande émotion au Tribunal pénal international sur le Rwanda (TPIR) installé à Arusha (Tanzanie) pour juger les responsables présumés du génocide. Le Procureur a exprimé ses regrets et envoyé ses condoléances à la famille. Dans les couloirs du tribunal, où les audiences sont arrêtées depuis une semaine pour les vacances, cette nouvelle crée la surprise et suscite des interrogations. Son corps, retrouvé dans un canal à Bruxelles, a été identifié par la police belge. En annonçant cette nouvelle jeudi, le procureur du TPIR a reconnu qu'Uwilingiyimana qui était en 1994 proche du pouvoir et responsable de l'office du tourisme, était en train de collaborer avec les enquêteurs du tribunal. Le procureur lui-même, M. Hassan Boubacar Jallow, l'avait rencontré le 29 octobre et le chef des poursuites, M. Stephen Rapp, le 2 novembre. Ces entretiens se sont déroulés dans une atmosphère «cordiale» précise le communiqué. Il ne dit pas où ils se sont déroulés. Selon des sources officieuses, Uwilingiyimana faisait chaque jour le trajet entre Bruxelles et Lille (nord de la France) pour rencontrer les représentants du TPIR. Dans son communiqué, le procureur fait état d'inquiétudes qu'aurait exprimé Uwilingiyimana sur les risques qu'il courait, lui et sa famille, en mettant en cause des membres puissants de la communauté rwandaise expatriée pour leur responsabilité indirecte dans le génocide. Des précautions avaient été prises, précise le texte mais elles n'étaient pas suffisantes, ajoute-t-il. Le procureur, qui ne conclut cependant pas à un homicide, espère que si cela était avéré la police belge en retrouverait les auteurs. Le fait que le corps d'Uwilingiyimana ait été, selon une source officieuse, retrouvé nu et sans bijou laisse imaginer une agression extérieure. Il avait quitté son domicile à l'aube le 21 novembre, trois jours après une dernière rencontre avec les enquêteurs du TPIR. Son épouse a porté plainte pour séquestration la semaine dernière. Une lettre apparemment signée de lui avait circulé sur internet le 28 Novembre mais cette lettre n'a pu être authentifiée. C'est à la suite de sa parution que le TPIR avait cependant rendu public l'acte d'accusation qui le visait et qui avait été tenu secret jusqu'alors. Dans cet acte, daté du 13 juin dernier, Uwilingiyimana est poursuivi pour conspiration en vue de commettre un génocide, incitation à commettre le génocide, génocide et meurtre constitutif de crime contre l'humanité. Un document dans lequel il reconnaissait sa collaboration avec le procureur avait aussi été diffusé par les services du TPIR. Uwilingiyimana y déclare : «Je fais cette démarche sur une base volontaire et je confirme ne pas avoir subi de pression, ni avoir reçu de menace, ni de promesse de la part des enquêteurs, du procureur ou autres intervenants, afin de m'inciter à collaborer et à témoigner». La lettre diffusée sur Internet faisait à ce sujet état de pressions exercée par les enquêteurs du parquet afin qu'il mette en cause certains accusés devant le TPIR. Les responsables du tribunal interrogés à ce sujet estiment que cette lettre est un faux qui pourrait venir de ses assassins. Engagé dans ses dernières enquêtes et pourchassant ses derniers accusés, le TPIR resserre les mailles de son filet. Contraint de s'appuyer sur les polices nationales, il dispose, comme arme principale, de la collaboration de certains accusés. Ceux-ci dénoncent leurs anciens complices, décrivent leurs liens en échange d'une peine allégée dans le cadre d'un «plaider coupable». Six accusés ont déjà, avec des résultats divers, utilisé cette procédure. La cour restant seule maîtresse de sa décision. Un important repenti, Michel Bagaragaza, s'est «rendu» récemment après une fructueuse collaboration avec les services du procureur. Celle-ci semble se poursuivre. Après avoir été présenté à la cour, il a aussitôt été transféré à la prison de la Haye pour des raisons de sécurité. La nouvelle de son «retournement» avait soulevé un grand émoi dans le centre de détention des Nations Unies d'Arusha, ou une cinquantaine d'accusés de génocide sont détenus. D'autres sont encore en liberté même si leurs actes d'accusation sont rédigés. Dans l'espoir de les capturer, leurs noms restent encore secrets même si ils sont dans toutes les bouches. Il s'agirait notamment d'Agathe Kanziga, la veuve de l'ex-président rwandais Juvénal Habyarimana et ses proches qui constituaient le petit cercle dit de l'Akazu où se serait décidé le génocide. Un autre important personnage rwandais est en fuite: Félicien Kabuga, décrit comme le financier du génocide. Son domicile après avoir été signalé au Kenya ou au Congo pourrait se situer en Europe, peut-être en France. |
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Divers (TF1/LCI etc....) 9 décembre 2005 à ce jour |
PARIS (Reuters) - Six survivants du génocide de 1994 au Rwanda, déposant devant une magistrate française, ont accusé des soldats français d'avoir aidé les massacreurs à débusquer leurs victimes et d'avoir eux-mêmes commis des crimes, déclare leur avocat, Me William Bourdon. Ces dépositions ont été recueillies au Rwanda par la juge Brigitte Raynaud, chargée par le parquet de Paris de mener des vérifications préliminaires après le dépôt de plaintes par ces six personnes en février dernier.Me Bourdon a estimé que le parquet n'avait plus d'autre choix que d'ouvrir une enquête approfondie. "L'ouverture d'une information judiciaire s'impose encore plus aujourd'hui. C'est plus qu'une confirmation des accusations initiales, c'est accablant", a-t-il dit à Reuters.Les six témoins, cinq hommes et une femme de l'ehtnie tutsie, qui ont déposé plainte pour "complicité de génocide et complicité de crimes contre l'humanité", mettent en cause des soldats français engagés dans l'opération Turquoise, menée entre juin et août 1994 au Rwanda sous mandat de l'Onu. Huit cent mille Tutsis et Hutus modérés ont été massacrés d'avril à juin de cette même année par les milices et les militaires d'un régime que soutenait Paris.Dans leurs dépositions publiées en partie dans Le Monde daté de samedi, des plaignants accusent des militaires français d'avoir aidé les miliciens "Interahamwe", principaux auteurs du génocide, à agir dans le camp de réfugiés de Murambi, au sud de Gikongoro.Les Français laissaient entrer ces miliciens et des gendarmes dans le camp, a affirmé l'un d'eux. Ces miliciens désignaient des personnes que les militaires français auraient parfois tuées eux-mêmes au couteau. Les soldats français sont aussi accusés de viols.Des prisonniers auraient par ailleurs été emmenés en hélicoptère par des Français vers une destination inconnue.D'autres plaignants accusent des soldats français d'avoir, en juin à Bisesoro, incité plusieurs dizaines de milliers de Tutsis à sortir de leurs caches, avant que des miliciens hutus ne surviennent et ne les massacrent. Depuis 1994, la France a été mise en cause par plusieurs ONG pour son soutien au régime responsable du génocide.Une version pourtant très discutée, d'autant que le régime de Paul Kagamé, arrivé au pouvoir après le génocide, est lui-même accusé d'exactions.Une mission d'information du Parlement français a conclu en 1998 que la France avait bien sous-estimé la nature criminelle du régime rwandais mais n'avait eu aucun rôle dans le génocide.Les autorités françaises soulignent que la France a été, avec l'opération "Turquoise", le seul pays à agir pendant le drame, alors que l'Onu et les autres membres du Conseil de sécurité ordonnaient le retrait du contingent de casques bleus présent sur place avant 1994. Autres sources: http://np.www.lci.fr/news/france/0,,3270739-VU5WX0lEIDUy,00.html http://permanent.nouvelobs.com/societe/20051209.FAP1879.html?1433 http://permanent.nouvelobs.com/etranger/20051209.OBS8286.html http://www.liberation.fr/page.php?Article=343808 http://www.boursier.com/vals/all/feed.asp?id=7774 http://www.capital.fr/Actualite/Default.asp?source=RE&numero=74260&Cat=GEN http://www.lexpress.fr/info/infojour/reuters.asp?id=10582&1506 http://www.ledevoir.com/2005/12/10/97378.html |
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Divers (Le Figaro, Le Monde, Jeune Afrique, La Libre Belgique, Le Soir etc....) 7 décembre 2005 à ce jour |
Le Figaro: En quelque 500 pages, Pierre Péan entend démonter dans Noires fureurs, blancs menteurs, un ouvrage consacré à la tragédie traversée par le Rwanda en 1994, les deux points nodaux de ce qui serait, selon lui, une immense «manipulation». L'histoire, affirme-t-il, aurait été «truquée». Le voici donc lancé à l'assaut de la question du génocide des Tutsis du Rwanda. A le lire, l'auteur cherche visiblement à établir que rien n'est simple, ce que nul ne conteste. Partant de ce postulat, Pierre Péan parcourt un chemin bien périlleux puisqu'il l'amène à formuler des propos outranciers. L'ancien chef de la rébellion, Paul Kagamé, aujourd'hui président du Rwanda, serait ainsi «un Führer (...) devenu directeur de Yad Vachem, le musée de la Shoah». Quant aux Tutsis, victimes de ce génocide, les voici campés au rang d'une «race» dont un trait de caractère serait l'immémoriale «culture du mensonge» et dont l'objectif «final» serait de réduire au rang «d'Untermenschen» (sous-hommes) une communauté hutue, touchée elle aussi par la tragédie de 1994. Arrivé à ce point, le lecteur est saisi. Mais Péan enchaîne. Dans ce qui ressemble à un dérapage incontrôlé, il fait feu de tout bois : Juifs, francs-maçons belges, protestants français seraient ligués dans ce complot et bénéficieraient de l'appui de journalistes (dont l'auteur de ces lignes, accusé de s'être «prêté à une grave manipulation»), organisations humanitaires et défenseurs des droits de l'homme, tous ralliés, tous aveugles. Que dire alors ? Se taire, juste se taire. Le laisser, seul, assumer ses propos. Le Soir: http://iso.metric.free.fr/IMG/pdf/Rwanda-LeSoir-Pean.pdf Autres: en page Revue de Presse (ci dessous) et sur le forum |
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Le Monde 6 décembre 2005 |
GACACA.... Le presque quotidien C'est dimanche à Kimironko, un quartier de l'est de Kigali. Comme chaque semaine, jusque dans les collines les plus reculées du Rwanda, la rumeur publique diffuse l'information du lieu et de l'heure. Tous les habitants de la commune sont tenus d'assister à la gacaca (prononcer gatchatcha) : littéralement, au "tribunal sur gazon". L'Etat rwandais a réinventé cette justice populaire traditionnelle pour juger les auteurs du génocide. A la manière des anciens qui résolvaient leurs conflits en palabrant sous l'arbre avant d'aller boire ensemble de la bière de banane, les gacaca actuelles confient le soin de juger les tueurs à la population, via des juges élus parmi elle. Les relations de voisinage rendent difficile le mensonge et incitent aux aveux. Ce dimanche, à Kimironko, c'est à 15 heures, sur le terrain vague qui fait face au bureau du district. On attend. En Afrique, l'horaire a la patience d'attendre ceux qui tardent à l'honorer. D'un pas nonchalant, des habitants surgissent de toutes parts au compte-gouttes et s'installent sur l'herbe. A 16 h 30, ils finissent par être deux cents. Leur groupe coloré domine les collines à perte de vue. Une brise apporte des odeurs de menthe. Des tables et quelques bancs sont installés au milieu du champ jonché de pins et d'eucalyptus. Sans se presser, les habitants prennent place où ils peuvent. Face à eux, derrière les tables, s'asseyent les 9 inyangamugayo : les "hommes intègres" (4 femmes et 5 hommes) élus par la population locale, généralement parce qu'ils sont sages et lettrés. Ils portent en bandoulière des écharpes aux couleurs du Rwanda : bleu, vert, jaune. Une minute de silence est d'abord observée en hommage "à nos frères, soeurs et parents victimes du génocide" . Puis un premier accusé émerge de la foule et se présente devant les "hommes intègres". C'est un ancien prisonnier, en liberté conditionnelle depuis deux mois. Il tourne vers l'assemblée son regard tourmenté et reste là, debout, entre les juges et la petite foule sagement réunie. "A tous, je demande pardon, commence-t-il. Je vais vous dire ce que j'ai fait." C'était ici même, à l'endroit précis où se tient la gacaca . "L'attaque" avait commencé, ordonnée par on ne sait qui. Des Tutsis tentaient de s'échapper. L'accusé ne s'encombre pas de mots : "Il y avait une maman qui s'enfuyait. Alors on est tous allés vers elle et on lui a coupé la tête." Murmure dans l'assemblée. L'accusé reprend, impassible : "Il y avait aussi un bébé mort. Je me suis approché pour le voir mais ce n'est pas moi qui l'ai tué. Voilà tout ce que j'ai fait." Un doigt se lève dans la foule silencieuse. L'un des "hommes intègres" lui donne la parole. "Tu n'es pas clair. L'enfant mort, tu ne l'as pas achevé ? Et la maman, c'est toi qui l'as tuée ? — Je n'ai pas tué l'enfant. Pour ce qui est de la maman, je lui ai donné un coup de machette sur le cou. Mais c'est un autre qui a fini de lui couper la tête. — Houh ! murmure l'assemblée, aussitôt interrompue par un "homme intègre" : — Ne le huez pas, ordonne celui-ci. Nous notons toutes ses paroles. S'il se contredit, ce sera dans son dossier. — Vous laissez les tueurs en liberté, s'indigne une femme à voix haute. Ce n'est pas une justice ! — Tu te promènes toujours avec ta machette ? ironise un autre. — Non, répond l'accusé, inquiet. — Quelles armes avais-tu avec toi ? — Une machette et un marteau. — Tu n'es pas clair. Tu es connu ici. Beaucoup de gens t'ont vu avec ta machette pleine de sang frais. Tu n'as pas pu tuer seulement cette maman. Dis-nous combien de Tutsis tu as tués, et qui. — Je vous dis que j'ai pourchassé, tué, pillé. D'ailleurs, l'un des tueurs qui m'accompagnaient est ici, dans l'assemblée. " Le tueur désigné se montre ouvertement au public, dans le silence. "C'est bon, tu viendras témoigner plus tard" , lui dit l'"homme intègre".) "Tu ne dis pas la vérité ! lance à l'accusé un autre homme dans la foule. — Si j'oublie des choses, répond celui-ci d'un ton monocorde, vous pouvez me le dire." L'accusé signe sa déposition et regagne les rangs, dans la foule mélangée des rescapés et des bourreaux. Aucune présence policière. Personne n'a l'idée de le lyncher ni même de l'interpeller. Il sera jugé plus tard, lors d'une prochaine gacaca , lorsque la phase dite de "collecte d'informations" sera achevée. Ce dimanche, d'autres accusés viennent se présenter. La nuit tombe. Peu à peu, l'assemblée perd de sa densité. Par petits groupes, les habitants de la commune se dispersent pour regagner leur maison. Leur tranquillité est inouïe. La gacaca , en apparence, est un exemple de civilisation avancée : pas de vengeance ni de rage, mais une parole calme en guise de catharsis. L'écrivain Jean Hatzfeld s'est interrogé sans fin sur la résignation des victimes comme sur l'impassibilité des tueurs, "leur déconnexion du monde qu'ils ont ensanglanté" . Formellement, la politique de "réconciliation nationale" imposée par le régime autoritaire rwandais a bien refermé le couvercle. L'ethnie n'est plus mentionnée sur la carte d'identité. Les mots "hutu" et "tutsi" sont même bannis du vocabulaire. A leur sortie de prison, les anciens tueurs retournent dans leur village comme si de rien n'était, cultivant les champs et se rendant à l'église avec les rescapés, dont ils ont parfois décimé une partie de la famille. C'est compter sans les erreurs judiciaires que les "hommes intègres", juges non professionnels, n'ont pas les moyens d'éviter. C'est compter sans cette tradition rwandaise de soumission et d'obéissance qui laisse la population à la merci d'un nouveau caprice idéologique de ses gouvernants. C'est compter, enfin, sans ce très vieux dicton rwandais : "Je sais que tu me hais, mais je ne te le dis pas. Tu sais que je le sais, mais tu ne me le dis pas." Les rescapés se résignent. "Quand on a violé ta mère et découpé ton frère sous tes yeux, dit l'un d'eux, il n'y a pas de pardon possible. La haine est là. Et, pourtant, il faut bien vivre ensemble. Que pouvons-nous faire d'autre ? Nous sommes fatigués. Il faut en finir." Tous se savent unis par ce destin : condamnés à vivre ensemble dans les limites étroites d'un pays de 8 millions d'habitants et de 26 338 kilomètres carrés, où les Tutsis et les Hutus, majoritairement catholiques, sont aussi humainement liés que géographiquement imbriqués. Où des rescapés sont encore menacés, parfois assassinés par d'anciens prisonniers revenus sur leur colline. Combien de générations faudra-t-il pour effacer la haine, la peur et la possibilité que tout recommence ? |
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Le Figaro 3 décembre 2005 |
Le dossier rwandais pèse sur les relationsBien plus que la Côte d'Ivoire, la question rwandaise reste le dernier dossier grevant la volonté affichée par Paris de réforme de sa politique en Afrique. Plus de dix ans après le génocide des Tutsis du Rwanda, le contentieux entre Paris et Kigali reste lourd. L'ambassadeur de France à Kigali, Dominique Decherf, le sait bien qui, missionné par Michel Barnier, alors ministre des Affaires étrangères, afin d'apaiser une plaie toujours à vif, ne parvient pas à reconstruire une relation. Observateur attentif des coulisses parisiennes, l'Afrique scrute ce dossier dont l'issue risque de servir de test quant à la volonté de la France de réformer ses liens avec le continent. Quant à l'Europe, de plus en plus en prise avec l'Afrique, elle constate quelque peu incrédule le blocage. Onze ans après le génocide, le Rwanda obère toujours la politique de Paris. |
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Le Monde 2 décembre 2005 |
Un pamphlet Anti-Tutsis.......Analyse du Monde (2/12/05): Depuis la mise à exécution du "crime des crimes" en 1994 au Rwanda, que sait-on, finalement, du génocide ? En dehors de la réalité brutale des massacres, trop peu de chose, à en juger par les débats féroces qui continuent de faire rage sur le sens profond de la tragédie survenue au "pays des mille collines". Alors que les livres sur le sujet abondent, l'enquête-fleuve de Pierre Péan propose de s'attaquer au "récit simpliste" du génocide, celui qui est supposé tracer à la craie la séparation entre camp du Bien et camp du Mal entre Tutsis et Hutus, les premiers collectivement, comme victimes, les seconds, collectivement, comme bourreaux. Ce faisant, il enfonce à première vue une porte qui béait depuis près de dix ans. Hors des cercles extrémistes des deux bords, qui songerait à réfuter l'existence des Justes hutus, qui sauvèrent des Tutsis au péril de leur vie ? Qui songerait, parallèlement, à nier le fait que le Front patriotique rwandais (FPR), la rébellion tutsie qui avait attaqué, en 1990, le Rwanda dominé par un régime hutu, s'est rendu coupable de crimes graves contre les populations hutues ? Quatorze "enquêtes spéciales" menées par les enquêteurs du Tribunal pénal international pour le Rwanda, en Tanzanie, ont été enterrées en septembre 2002 à la suite de pressions de Kigali. Seul ce dernier aspect intéresse Pierre Péan, en guise de preuve que l'existence d'une justice de vainqueurs cache un travestissement de la réalité des crimes. On cherchera en vain, dans cet ouvrage, des informations de base sur le coeur du génocide et, par exemple, sur l'enchaînement des décisions ayant mené l'armée et les responsables politiques hutus extrémistes à l'extermination des Tutsis et des Hutus modérés. Dans un renversement d'interprétation, son auteur préfère s'employer à prouver que la responsabilité des massacres incombe au chef du FPR, Paul Kagamé, dont le mouvement, affirme-t-il, aurait tué plus de Hutus que le régime précédent n'avait tué de Tutsis. Le bilan de ces tueries se chiffrerait même en "millions", dont "seulement" "280 000 Tutsis", hypothèse contredite par toutes les estimations, qui situent ce dernier chiffre entre 500 000 et 800 000 morts. Mais le sort des Hutus et des Tutsis, de toute évidence, n'est pas la préoccupation principale de Pierre Péan. Sa thèse, au bout du compte, n'a pour objet que d'établir que la France et François Mitterrand ne se sont pas fourvoyés au Rwanda en accompagnant trop loin, trop longtemps, le régime de leur "ami" Habyarimana puis de ses épigones, qui allaient enfanter les "génocidaires". Des documents édulcorent l'action du président Mitterrand, de son fils Jean-Christophe et de l'armée française. Parallèlement, Pierre Péan s'attaque au lobby européen des "enragés" qui ont soutenu le FPR : des activistes, notamment de l'association Survie ; des journalistes ou des chercheurs, les "blancs menteurs", dont il démonte effectivement certains amalgames, extrapolations délirantes ou mensonges éhontés. Mais quel crédit accorder à un ouvrage qui n'hésite pas à reprendre les idées et la terminologie qui prévalaient dans le Rwanda du "racisme de bon aloi" où se préparait le génocide des Tutsis, et qui, s'appuyant sur les témoignages des "premiers Européens", décline l'ensemble des tares imputables, par essence, à tous les Tutsis, une "race" qui "compte parmi les plus menteuses sous le soleil". Il suffirait de remplacer "le Tutsi" par "le juif" pour retrouver le style des pires pamphlets antisémites des années 1930. Ecrit manifestement dans la hâte, Noires fureurs, blancs menteurs ne peut prétendre imposer sa version des faits tant le texte multiplie les inexactitudes et les contradictions. L'une des "sources" de Pierre Péan s'est étonnée de la désinvolture de l'enquêteur, qui a admis, "avec une belle franchise, qu'il y aurait des erreurs dans son livre, mais que là n'était pas l'important". Et d'ajouter : "Péan se contrefout de la vérité. Ce n'est pas son champ de travail." |
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Le Figaro.fr 1er décembre 2005 |
Au Rwanda, le difficile travail de réconciliationJOHN MUHINDA, 31 ans, était un rescapé du génocide des Tutsis du Rwanda. Il a été tué le 31 octobre dernier. «John était un jeune homme de 30 ans, raconte François Garandé, président d'Ibuka, une association regroupant les survivants de l'extermination de 1994. Il était le seul rescapé de toute une famille et, après le génocide, il s'était engagé dans l'Armée patriotique du Rwanda (NDLR : l'APR était la branche armée du FPR, le mouvement rebelle aujourd'hui au pouvoir à Kigali.) Démobilisé, il avait décidé de revenir vivre sur sa colline. C'est là qu'il a été tué. Après avoir témoigné publiquement contre des tueurs, il avait reçu des menaces. Il avait pris celles-ci au sérieux et avait porté plainte.» A Kigali, la mort de John Muhinda n'est pas passée inaperçue. Alarmés, les responsables de l'association Ibuka ont tenu une session spéciale : «Cette mort était la dernière en date d'une série, poursuit François Garandé. Nous avons récemment noté une recrudescence des assassinats de rescapés : deux ont été tués dans la région de Kibuyé (est du Rwanda) et un autre à Gisenyi (nord-est).» La réunion n'a débouché sur aucune décision concrète. Cela n'était d'ailleurs même pas envisageable : la cohabitation au quotidien et sur un espace restreint entre survivants et possibles tueurs relève de l'indicible. «L'effort demandé aux victimes tient du surhumain, assure François Garandé. Jour après jour, il leur faut vivre avec la menace d'une épée de Damoclès car si les génocidaires sont désarmés, ils n'ont pas désarmé : les moyens leur manquent, c'est tout. Ce qui a la plus grande influence, ce n'est pas tant le rescapé réticent à se réconcilier mais plutôt l'assassin qui a commis un crime et généralement le nie.» Plus de dix ans après la tragédie, la chape du génocide pèse toujours aussi lourd sur les mille collines rwandaises hantées par les spectres d'au moins 800 000 morts. La lancinante question qui, jour après jour, se pose à tout survivant est d'une simplicité et d'une brutalité extrêmes : qui a tué qui ? Qui a assassiné le frère, la soeur, la mère, l'enfant... ? Est-ce lui, ce voisin qui baisse les yeux à chaque fois ? Ou celui-ci, à l'étrange regard ? Ou celui-là, qui détourne le pas ? Qui ?... Et à cette question, la première, s'en ajoute vite une seconde : pourquoi ? Puis une troisième : en quel nom ? La ronde infernale des questions envahit les collines, distille le doute, nourrit la méfiance. La force de la négation Sans qu'il ne soit de réponse. Car le crime, celui de génocide, est encore nié au quotidien bien que nommé comme tel par la communauté mondiale. Là, au Tribunal pénal international (TPIR) d'Arusha, en charge du Rwanda, c'est un accusé tenu pour le cerveau du «crime des crimes» qui parle de «massacres systématiques». Ici, sur une colline rwandaise, c'est un assassin dont on ne parvient à saisir la sincérité de l'aveu suivi d'un repentir comme de pure forme. Ailleurs, c'est un homme qui a récemment reconnu avoir tué un rescapé et assure : «Je mérite la mort.» Se pose alors une trouble question : cette mort réclamée est-elle simple justice pour la victime ou éventuel soulagement pour le tueur ? Sans cesse, le Rwanda d'aujourd'hui s'obscurcit du voile du passé. Tout se mêle, s'entremêle. Au point que la réalité même du génocide semble parfois vaciller sous le poids du temps, la force de la négation et le terrible remords masqué des survivants, coupables à leurs propres yeux d'avoir survécu. John Muhinda était l'un de ces survivants. Un peu moins éteint peut-être, un peu plus combatif. «Il ne pouvait s'empêcher de témoigner, assure aujourd'hui l'un des responsables de la séance de justice publique organisée dans sa commune. Il avait vu les évènements à l'époque. Il était alors recherché par les tueurs et était parvenu à se cacher. Heureusement, il en a réchappé. Depuis, il ne cessait de parler. «Je l'ai vu, disait-il. Lui était caché là. Il faisait ça. Et lui, il était là...» Il voulait témoigner et il l'a fait.» La séance publique s'est déroulée sur la colline de Massaka, distante de 25 kilomètres de Kigali. John habitait dans la commune de Kabuga, village de Runyenza. Selon le maire, Déo Abijuru, la commune compte 54 000 habitants, dont «300 à 1 000 rescapés». Durant les cent jours du génocide, 8 000 personnes ont été tuées ici : «Nous découvrons encore des charniers», assure Déo Abijuru, qui chiffre à 370 le nombre de ses villageois emprisonnés après avoir reconnu un ou des crimes. «John est venu me voir le 28 octobre, quelques jours après avoir témoigné et peu avant sa mort, poursuit le maire, un exilé revenu s'installer dans cette commune en 1996. Il m'a alors dit qu'il suspectait ceux qu'il avait mis en cause de vouloir le tuer. Il avait reçu des menaces précises. Je lui ai conseillé d'aller voir la police.» Le chef de la police, Dismas Rutaganira, confirme : «Il s'était plaint de recevoir des menaces. Il y avait des gens qui le haïssaient... Les gens qui vivent ici partagent tout, mais quand l'un parle durant les séances publiques de justice, alors...» La police enquête, mais ne tire rien de probant. John, lui, est aux aguets, vit dans la peur. Jusqu'au 31 octobre. Il est alors quatre heures de l'après-midi et John, sur son vélo, remonte un sentier pour rentrer chez lui. Un homme lui bloque le passage. John s'énerve. Lui donne une gifle. «Pour l'écarter», précise un témoin. Plusieurs personnes assistent à la scène, réagissent : «Tu l'as giflé, là, mais pourquoi ?» Une bagarre se déclenche. Un ami de John, présent sur les lieux, se lance à son secours. Dans l'altercation, John reçoit une brique sur la tête, tombe assommé, est évacué à l'hôpital. Il décède le lendemain.
«Nous avons aussitôt interpellé huit personnes, explique le chef de la police. En fait, tous ceux qui l'avaient menacé. Ils ont reconnu l'avoir menacé, mais ce n'étaient pas eux qui l'avaient tué. Nous les avons relâchés. Le responsable, c'était son ami.» L'ami en question s'appelle Fidel Niyonsenga. Comme John, c'est un rescapé et un démobilisé. Face aux policiers, il a reconnu les faits. «Fidel a voulu l'aider, déclare un responsable de local de la justice. C'est lui qui a lancé la brique. C'est lui qui l'a tué. Je crois que c'était le hasard. Vous savez, tout cela est compliqué. Cela fait un an que je vis dans cette commune et je ne parviens toujours pas à me rendre compte de ce qui s'est passé ici il y a dix ans.» Le maire avoue sa perplexité : «La mort de John a créé une grande émotion. C'était un rescapé menacé par de possibles assassins, mais il a été tué par un rescapé. Cette histoire est terrible et exceptionnelle.» A Kigali, François Garandé, le président d'Ibuka, ne peut que relever l'évidence : «Nous tentons de mener un processus de réconciliation extrêmement complexe. Il s'agit de préserver la dignité des victimes, de réhabiliter les rescapés et d'amener les génocidaires à confesser et condamner leurs crimes. C'est une affaire de générations. Et c'est à la génération actuelle qu'il revient de préparer tout ce processus et de faire un grand sacrifice pour la génération suivante où la question de la responsabilité personnelle ne se posera plus.»mis un crime et généralement le nie.» |
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Libération 28 novembre 200 |
D es militaires français engagés au Rwanda en 1994 vont-ils devoir répondre devant la justice de leur pays de «complicité de génocide» et de «complicité de crimes contre l'humanité» ? A la suite d'une plainte «contre X» déposée le 16 février 2005, la juge d'instruction du Tribunal aux armées de Paris (TAP) Brigitte Raynaud s'est rendue au Rwanda le 22 novembre pour entendre les plaignants. Estimant la plainte insuffisamment fondée, la juge d'instruction voulait obtenir des éléments supplémentaires avant de la juger recevable, ce qui ouvrirait la porte à un procès à Paris. Sa décision n'est pas encore prise. Le Tribunal aux armées est seul compétent pour juger les crimes et délits impliquant des militaires français à l'étranger. Il est formé de magistrats civils qui relèvent de la chancellerie. Auditions. Durant les quarante-huit heures passées au Rwanda, la magistrate qui n'a pas souhaité répondre à nos questions aurait auditionné six plaignants, défendus par deux avocats français connus, Antoine Comte et William Bourdon. La plainte concerne des épisodes de l'opération militaire Turquoise, déclenchée en 1994, durant le génocide rwandais. Des militaires français, en particulier des membres des forces spéciales, sont accusés d'avoir délibérément laissé des miliciens hutus massacrer des Tutsis. Deux épisodes sont dénoncés, à Bisesero et à Murambi. Le cas le plus documenté est celui de Bisesero, un secteur de l'ouest du pays. Depuis plusieurs années, l'actuel gouvernement (tutsi) du Rwanda et, désormais, les plaignants, accusent un détachement français du Commandement des opérations spéciales d'avoir retardé de trois jours son intervention pour laisser des massacres s'y dérouler. Après l'analyse des comptes rendus, l'audition de témoins et d'acteurs, notamment le capitaine de frégate Marin Gillier, la mission d'information parlementaire française sur ces événements concluait en 1998 : «Rien ne vient sérieusement à l'appui de ces accusations.» La juge Raynaud doit désormais décider si on en reste là. «Inopportun». Son déplacement au Rwanda a donné lieu à une petite polémique. D'abord convoqués à Paris, les plaignants n'ont pu s'y rendre, vraisemblablement pour des raisons financières. Le 6 octobre, le procureur a finalement autorisé ce voyage que le ministère de la Défense jugeait d'un mauvais oeil. Une «note blanche» de la Direction du renseignement militaire, transmise à la magistrate, le jugeait «inopportun du fait de l'actualité médiatique et judiciaire» . Une référence explicite à la sortie de deux ouvrages très critiques à l'égard des autorités rwandaises, dont celui de Pierre Péan. |
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R.F.I. 26 novembre 2005 |
La délicate mission de la juge Raynaud La juge d'instruction Brigitte Raynaud vient de passer 48 heures au Rwanda pour déterminer si une plainte déposée par six Rwandais contre l'armée française pour complicité de génocide était bien recevable. Le magistrat français n'a fait aucune déclaration, se contentant d'écouter et de prendre des notes. De notre correspondante à Kigali: « Tout est fait en France pour que la juge ne fasse pas son instruction ». Malgré l'autorisation donnée début octobre par le procureur du Tribunal aux Armées de Paris (TAP) à Brigitte Raynaud de se rendre au Rwanda, l'opinion de l'avocat des plaignants, Me Antoine Conte, semble inébranlable. Au ministère, explique-t-il, quinze jours avant le départ programmé de la juge d'instruction pour le Rwanda, on déconseillait fortement à Brigitte Raynaud de maintenir son voyage. « Ils prétendaient qu'au vu de la publication de trois livres sur le Rwanda, et notamment celui de M. Péan, ils n'étaient pas en mesure d'assurer sa sécurité », confie Me Conte. La mission de la juge d'instruction au Rwanda était en effet des plus délicates. Il s'agissait de recueillir les dépositions de six plaignants rwandais qui accusent l'armée française de complicité de génocide. La plainte contre X déposée le 16 février devant la juge du TAP pour « complicité de génocide et/ou complicité de crime contre l'humanité » vise l'opération Turquoise au cours de laquelle l'armée française, sous mandat de l'Onu, avait été chargée de former une zone humanitaire sûre (ZHS) dans le sud-ouest du Rwanda entre le 22 juin et le 22 août 1994. Les soldats français sont mis en cause par les plaignants dans deux affaires. La première concerne l'intervention française dans les collines du Bisesero, dans l'ouest du pays. Les militaires français ont tardé à intervenir « faute de moyens matériels », avaient-ils à l'époque affirmé. Trois jours de retard, qui, selon trois des plaignants, ont permis aux miliciens du génocide de massacrer la quasi-totalité des rescapés. L'autre affaire est celle du camp de Murambi, au sud du Rwanda. Les Français avaient pour mission de protéger des rescapés, réfugiés dans une école en construction. Les trois autres plaignants prétendent que les miliciens entraient comme ils voulaient et choisissaient leurs victimes. Le TAP seul habilité à juger les militaires français Des accusations très graves constitutives, selon l'avocat des plaignants, du crime de complicité de génocide. « La mission de l'opération Turquoise était de mettre en place une zone de sécurité pour les personnes qui fuyaient les massacres », explique Me Antoine Conte. « Or des exactions ont été soit commises, soit permises par les autorités françaises ». Brigitte Raynaud, elle, n'est pas sortie de son mutisme à Kigali. Son travail était de déterminer si les dépositions des six plaignants rwandais sont suffisantes pour ouvrir une instruction. C'est ce que ce voyage au Rwanda devait permettre d'établir. Elle a passé deux jours à entendre et prendre note. Mais ce n'est qu'une fois de retour dans son bureau parisien que la juge d'instruction du TAP –seule juridiction habilitée à juger des crimes ou délits impliquant des militaires français à l'étranger– établira si la plainte de ces six rwandais est recevable et devra alors convaincre le procureur du TAP d'ouvrir une information judiciaire. Si le gouvernement de Kigali a accusé à de nombreuses reprises la France d'avoir entraîné et armé le gouvernement de Juvénal Habyarimana et les forces génocidaires entre 1990 et 1994, côté français, on s'est souvent retranché derrière les conclusions de la mission d'information parlementaire sur le rôle de la France au Rwanda, présidée par Paul Quilès. Le 15 décembre 1998, cette mission avait conclu que la France « n'a en aucune manière incité, encouragé, aidé ou soutenu ceux qui ont orchestré le génocide et l'ont déclenché dans les jours qui ont suivi l'attentat » contre le président rwandais Juvénal Habyarimana, attentat qui avait déclenché le génocide. |
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France Culture 24 novembre 2005 |
France Culture a diffusé ce jeudi 24 novembre vers 18h15, dans le cadre du flash d'informations, un assez long reportage sur la magistrate qui a auditionné les 6 plaignants dans les locaux de l'ambassade de France à Kigali. La journaliste spécialisée dans les affaires judiciaires Laure de Vulpian a rappelé la première accusation : au camp de Murambi, les militaires français ont laissé des miliciens emporter des Tutsis pour les tuer. Le témoignage et l'accusation d'un survivant de Biserero, Bernard "Kayumba", ont été diffusés (le 27 juin 1994, les militaires français sont repartis, laissant les survivants continuer à être massacrés, en disant "Nous partons pour revenir dans 3 jours"). Interviewé, l'avocat Antoine "Conte" a déclaré que ce serait un scandale si le parquet (du tribunal aux armées de Paris) n'ouvrait pas d'information judiciaire à ce stade de la procédure. | ||||
Le Figaro.fr 24 novembre 2005 |
Un juge rouvre le dossier français au RwandaDes rescapés du génocide rwandais mettent en cause le rôle de l'armée française pendant l'opération «Turquoise». Patrick de Saint-Exupéry [23 novembre 2005]LA BOÎTE DE PANDORE rwandaise va-t-elle se rouvrir ? Ou, au contraire, se refermer sous la pression de ceux qui voudraient que l'on n'y regarde guère ? La réponse repose, en grande partie, entre les mains de Brigitte Raynaud. La juge d'instruction au Tribunal des armées de Paris (TAP) a été saisie le 16 février d'une plainte contre X pour «complicité de génocide et/ou complicité de crime contre l'humanité» portée par six rescapés rwandais qui mettent en cause le rôle de l'armée française durant l'opération «Turquoise». Cette opération «militaro-humanitaire», voulue par François Mitterrand, fut lancée en juin 1994, trois mois après le début du génocide des Tutsis du Rwanda.Arrivée lundi à Kigali, Brigitte Raynaud a commencé dès hier l'audition des premiers plaignants. Son déplacement, motivé par le refus du procureur d'ouvrir une information judiciaire tant que la plainte n'était pas plus étayée, a déjà été l'occasion d'un premier affrontement feutré. Dans un courrier, le ministère de la Défense a tenu à attirer «l'attention» de la juge sur le fait que Paris ne disposait pas au Rwanda de «moyens de protection». A cet avertissement était jointe une note blanche des services de renseignements militaires jugeant «inopportun» un éventuel déplacement compte tenu de possibles «menaces». «Affaire hors norme» Pour lever l'obstruction venue de la Rue Saint-Dominique, il fallut que le Quai d'Orsay intervienne et l'ambassadeur de France au Rwanda, Dominique Decherf, accepta de donner sa garantie personnelle quant au manque de fondement des «menaces» alléguées. Au rappel de cet épisode, Brigitte Raynaud, qui se refuse à toute déclaration, se contentait hier de répliquer sur le ton de l'ironie : «J'ai une grande habitude des voyages.» Pour l'avocat des plaignants, M e Antoine Comte, également présent à Kigali, un premier obstacle a simplement été levé : «Il s'agit d'une affaire hors norme, assure-t-il. C'est la première fois qu'une plainte pour «complicité» sur des événements aussi graves et visant une opération extérieure est portée au Tribunal des armées de Paris. C'est aussi la première fois qu'un juge d'instruction se déplace dans un cadre très restreint voulu par le parquet, mais qui va, à mon avis, révéler toute la justesse de la plainte et l'étendue du préjudice.» Pour le défenseur des parties civiles, la première journée d'audition a été décisive : «Le transport du juge à Kigali, affirme M e Comte, lui a donné la mesure de ce qui s'est passé à compter d'avril 1994 et aussi de l'implication des militaires français depuis 1990 dans les affaires rwandaises.» Paradoxalement, les auditions se déroulent – pour des questions de procédure – dans les locaux mêmes de l'ambassade de France au Rwanda. Un lieu chargé de mémoire comme le souligna en avril 2005 l'ambassadeur de France à Kigali qui, inaugurant une plaque commémorative en mémoire des employés rwandais tués lors du génocide, réaffirma dans un discours approuvé par Paris la nécessité d'identifier «nos dysfonctionnements, nos erreurs, nos faiblesses, nos insuffisances». Une présence à la limite de l'engagement direct: La plainte déposée par les six parties civiles vise tant l'opération «Turquoise» que les années antérieures, années durant lesquelles «la présence française est à la limite de l'engagement direct», constatera la mission d'information sur le Rwanda de l'Assemblée nationale. Elle n'épargne pas pour autant les responsables au plus haut niveau de l'Etat français. Une note datant du 28 avril 1994 émanant du conseiller à l'Elysée Bruno Delaye et destinée à François Mitterrand est ainsi citée. Tout comme une autre note du général Quesnot, alors chef de l'état-major particulier (EMP) du président de la République. Celle-ci date du 6 mai, soit un mois après le début du génocide. Après un point de situation, le général Quesnot livre son analyse : un «Tutsiland», écrit-il, est en passe de se constituer «avec l'aide anglo-saxonne et la complicité objective de nos faux intellectuels, remarquables relais d'un lobby tutsi auquel est également sensible une partie de notre appareil d'Etat... Est-ce vraiment ce que nous voulons ?» |
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International Justice Tribune 21/11/2005 |
Convaincre d'importants acteurs rwandais d'admettre leur responsabilité dans le génocide de 1994 : c'est ce que le procureur du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) avait su le mieux faire dans ses jeunes années. Depuis quelques mois, il a manifestement retrouvé ce talent. L'aveu de Michel Bagaragaza, encore confidentiel, l'illustrera de façon spectaculaire. Interrogé par les enquêteurs, ce proche de la famille de l'ex-président rwandais Juvénal Habyarimana révèle que c'est le beau-frère du président rwandais qui aurait, dans la nuit du 6 au 7 avril, ordonné l'assassinat des dirigeants de l'opposition.
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L'Express 20/11/2005 |
L'affaire Theunis (suite): Retour en Belgique Rwanda: procès d'un prêtre belge accusé d'incitation au génocide (REUTERS | 20.11.05 | 17:59) http://www.lexpress.fr/info/infojour/reuters.asp?id=9346&1807 |
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Le Monde 18/11/2005 |
Dans les prisons, les bourreaux du Rwanda: http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3230,36-711722@51-633431,0.html Retour d'assassins "repentis" dans les villages: http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3230,36-711723,0.html |
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Divers médias 25/10/2005 à ce jour |
Procès Bagosora (Arusha/TPIR) : libération du 25/10/2005: Art 1 |
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Le Figaro.fr 24 octobre 2005 |
Le colonel Théoneste Bagosora est considéré comme le cerveau du génocide qui débuta dans la nuit du 6 au 7 avril 1994.Patrick de Saint-Exupéry [24 octobre 2005] D'ABORD, il y a eu des avertissements. Sur la RTLM, la radio de la mort aux mains des extrémistes hutus, une sinistre prophétie fut lancée comme quoi «le 3 ou le 4 avril» allait se produire un «accident», qu'il valait mieux rester chez soi, ça allait tanguer. Et la pythie, accrochée à son micro, de conclure sur un long, grinçant et lugubre ricanement. Puis cela se précisa. Le 3 avril 1994, sur la même RTLM, l'anéantissement de l'ennemi tutsi par «le peuple», qualifié de «vrai bouclier», est annoncé : «Le jour où le peuple va se lever et qu'il ne voudra plus de vous, qu'il vous haïra à l'unisson et du fond de son coeur, quand vous lui inspirerez la nausée, je me demande par où vous vous échapperez.» Déboula le 6 avril, et l'attentat au crépuscule contre l'avion présidentiel. Deux missiles flamboyants dans la nuit tombante, un éclair et la carcasse du Falcon 50 qui s'écrase sur les jardins de la résidence du chef de l'Etat. La nouvelle de «l'accident» est rapidement retransmise sur les radios. Nous ne sommes qu'au début de la nuit, d'une longue, très longue nuit. Car c'est alors, selon l'accusation, que le piège va se refermer, qu'ordre sera donné au «vrai bouclier» de «se lever» pour partir au «travail». Au coeur de cette mise en branle de la machine à tuer, le colonel Théoneste Bagosora, présenté comme «le cerveau du génocide» puisqu'il s'imposera «comme l'homme le plus puissant du pays, à même de gérer la crise». En ce début de la longue nuit du 6 au 7 avril, quelques heures après l'attentat, une première réunion rassemblant les principaux officiers rwandais est organisée au camp Kigali. Elle est présidée par le colonel Bagosora qui, aussitôt, manifeste sa volonté de prendre le pouvoir. Le premier ministre rwandais, assène-t-il, n'est pas apte à gouverner. «J'étais assis à côté de Bagosora au cours de la réunion, témoignera le major Brent Beardsley, aide de camp du général Roméo Dallaire, chef de la mission des Nations unies au Rwanda. Il jurait en français et ne montrait aucun respect» dès qu'il parlait du premier ministre. Et de noter : «Les militaires voulaient prendre la situation en main.» «La machine à tuer s'est mise en place» Appelé à la barre par l'accusation, le général Dallaire confirmera ce propos en l'aggravant puisqu'il fera mention d'une logique de coup d'Etat. Bagosora était «la personne qui détenait l'autorité et l'exerçait». Le Canadien soulignera également l'ambiance paradoxale de ces premières heures de la nuit du 6 au 7 avril. «Il n'y avait pas d'excitation, de cris, de hurlements, pas du tout», dira-t-il. Mentionnant les officiers rwandais présents à la réunion, il poursuivra : «C'était comme s'ils appartenaient à une autre planète (...), comme si tout se passait selon un plan.» S'attardant sur Bagosora, le général soulignera n'avoir «jamais vu quelqu'un d'aussi calme, parfaitement à l'aise au vu de la situation». Durant cette réunion, affirme l'acte d'accusation, Bagosora se retire dans une salle adjacente pour y recevoir ses appels. Il discute ainsi avec le lieutenant-colonel Anatole Nsengiyumva : «Immédiatement après cet entretien, le colonel Anatole Nsengiyumva a donné l'ordre de commencer les massacres à Gisenyi.» Presque simultanément, les premiers «barrages», érigés par la garde présidentielle et les bataillons para-commandos, se mettent en place à Kigali : «On y exécutait sommairement les Tutsis ou ceux reconnus comme Tutsis.» http://www.ufctogo.com/article.php3?id_article=1026 |
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Divers médias 18/10/2005 à ce jour |
L'affaire Theunis (suite): 19/10: http://www.angolapress-angop.ao/noticia-f.asp?ID=384116 18/10: la libre Belgique |
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L'Idiot du Village 21 octobre 2005 |
Interviaw de Géraud de la Pradelle: http://www.lidiotduvillage.com/imprimersans.php3?id_article=5211 |
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Agence Hirondelle 20 octobre 2005 |
Arusha: Un témoin a accusé Protais Zigiranyirazo, dit “M.Z”, un beau-frère de l'ancien président Habyarimana, d'avoir incité publiquement aux massacres de Tutsis en mai 1994. Zigiranyirazo comparaît depuis le 3 octobre devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR). Il est poursuivi pour génocide et crimes contre l'humanité et plaide non coupable. Les crimes qui lui sont imputés ont été commis à Gisenyi (nord-ouest), sa région natale, et à Kigali la capitale. Le témoin entendu mercredi est le septième sur la liste du procureur qui en comprend en tout vingt-huit. Dénommé «AVY» pour dissimuler son identité, le témoin a déclaré que l'accusé se trouvait au stade Umuganda de Gisenyi quand il l'a entendu appeler aux massacres. «Je suis surpris de vous entendre dire que les tueries devraient s'arrêter. Est-ce que Habyarimana serait ressuscité?», aurait déclaré M.Z |
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Afrique Centrale.infos 20 octobre 2005 |
Pas encore un dragon africain mais … Le Rwanda fait sa promo. Dans le numéro de L'Intelligent-Jeune Afrique paru lundi, on peut découvrir un supplément de 68 pages consacré au potentiel économique de ce pays d'Afrique centrale. Un dossier très documenté qui présente un bilan économique complet et une analyse secteur par secteur ; agriculture, mines & industrie, etc… Le journal propose aussi les textes législatifs et réglementaires ainsi que le code des investissements très utile pour tous ceux tentés par l'aventure rwandaise.
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Le Monde 19 octobre 2005 |
Un général suspendu: les ambiguités de l'armée française http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-700933,0.html |
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La Libre Belgique 13 octobre 2005 |
Un officier belge accuse l'ONU de négligence http://www.lalibre.be/article.phtml?id=10&subid=83&art_id=245053 |
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La Libre Belgique 4 octobre 2005 |
Le TPIR juge "Monsieur Z" http://www.lalibre.be/article.phtml?id=10&subid=83&art_id=243381 |
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Lyon-communiqués.com 28/09/2005 |
Communiqué de l'Ae2l (Lyon) L'Association des étudiants en langues et lettres est peinée de voir l'ampleur des polémiques suscitées par l'interview de Bernard Lugan dans l'édition de rentrée son journal L'indigeste. Nous tenons à préciser que la rédaction n'a pas cherché à provoquer qui que ce soit et nous nous excusons si certaines personnes ont été choquées par la lecture de cet article. http://www.lyon-communiques.com/communique.php?id=3283 |
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MenaPress 23/09/2005 |
La vérité maintenant: 18é article d'une série consacrée au génocide des tutsis au Rwanda en 1994 http://www.laveritemaintenant.org/Members/webmestre/Document.2005-09-20.2252 |
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Divers médias 7/09/2005 au 4/10/2005 |
L'affaire Theunis: 4/10: http://www.lalibre.be/article.phtml?id=10&subid=83&art_id=243585 20/09: http://www.hirondelle.org/arusha.nsf/LookupUrlEnglish/4429526BA61EB40143257082003A735F?OpenDocument 19/09: http://www.catholique.org/news/76791-4575-Document-prepare-par-la-curie-generale-des 15/09: La Libre Belgique: http://www.lalibre.be/article.phtml?id=10&subid=83&art_id=239629 14/09:Libération: http://www.liberation.fr/page.php?Article=323524 http:Le Monde: //www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3212,36-688839,0.html 13/09:Jeune Afrique/L'Intelligent: http://www.jeuneafrique.com/gabarits/articleDEP_online.asp?art_cle=AFP04835gnociilagik0 http://www.catholique.org/news/76401-4234-Un-missionnaire-belge-Pere-Blanc-arrete-au http://www.africatime.com/rwanda/nouvelle.asp?UrlRecherche=archives%2Easp%3Frech%3D1%26no%5Fpays%3D40%26no%5Fcategorie%3D%26keyword%3D%26BtnGo%2Ex%3D7%26IsPanafricain%3D0%26IsAfrique%3D&no_nouvelle=212043 http://www.africatime.com/rwanda/nouvelle.asp?UrlRecherche=archives%2Easp%3Frech%3D1%26no%5Fpays%3D40%26no%5Fcategorie%3D%26keyword%3D%26BtnGo%2Ex%3D7%26IsPanafricain%3D0%26IsAfrique%3D&no_nouvelle=211956 http://www.africatime.com/rwanda/nouvelle.asp?UrlRecherche=archives%2Easp%3Frech%3D1%26no%5Fpays%3D40%26no%5Fcategorie%3D%26keyword%3D%26BtnGo%2Ex%3D7%26IsPanafricain%3D0%26IsAfrique%3D&no_nouvelle=211924 http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-25649139@7-60,0.html http://www.africatime.com/rwanda/nouvelle.asp?UrlRecherche=archives%2Easp%3Frech%3D1%26no%5Fpays%3D40%26no%5Fcategorie%3D%26keyword%3D%26BtnGo%2Ex%3D7%26IsPanafricain%3D0%26IsAfrique%3D&no_nouvelle=211671 http://www.inxl6.org/article2601.php http://www.jeuneafrique.com/gabarits/articleDEP_online.asp?art_cle=PAN50025bruxeilagik0 http://www.kipa-apic.ch/meldungen/sep_show_fr.php?id=2565 http://fr.search.yahoo.com/search/news?p=theunis&ei=UTF-8&fl=0&datesort=1&x=wrt |
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The Dominion (Canada) 17/08/2005 |
Entretien avec Jean Paul Gouteux: http://dominionpaper.ca/francais/2005/08/17/genocide_r.html |
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Témoignages 22/07/2005 |
les leçons du passé | ||||
Fraternité Matin 18/07/2005 |
Vision Ivoirienne: Le Génocide au Rwanda en 1994 | ||||
Belga et AFP 29/06/2005-Le Soir- |
Procés des 2 commerçants de la préfecture de Kibungo: |
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| AFP 28/06/2005 -Le Monde- | Le gouvernement français transmettra rapidement aux "autorités judiciaires compétentes" le dossier de l'ex-fonctionnaire rwandais réfugié sur son territoire Callixte Mbarushimana, accusé de génocide par le Rwanda, a déclaré, mardi, le ministère des affaires étrangères français. "Les Nations unies nous ont saisis hier (lundi 27 juin) de ce cas qui sera rapidement transmis aux autorités judiciaires compétentes" , a déclaré à la presse le porte-parole du ministère, Jean-Baptiste Mattéi. M. Mattéi a souligné qu' "à ce jour, la France n'a pas reçu de demande du TPIR (Tribunal pénal international pour le Rwanda) concernant M. Callixte Mbarushimana" . Le ministère des affaires étrangères confirme toutefois que "les juridictions françaises ont reçu compétence pour poursuivre et juger les auteurs des crimes figurant au statut du TPIR". Les tribunaux internationaux pour l'ex-Yougoslavie et le Rwanda se sont engagés auprès de l'ONU - sous la menace de sévères coupes budgétaires - à boucler leurs procès aux alentours de 2010. Dans cet objectif, et parce que les deux juridictions onusiennes n'ont plus ni le temps ni les moyens de juger tous les responsables de génocide et de crimes contre l'humanité, plusieurs dossiers relatifs à des enquêtes en cours ou à des accusés déjà incarcérés sont progressivement transférés à différents tribunaux nationaux. PARIS ACCUSÉ DE PROTÉGER LES GÉNOCIDAIRES Le TPIR - qui juge les responsables du génocide de 1994 au cours duquel plus de 800 000 Tutsis et Hutus opposés au régime ont été tués - a invité plusieurs pays à juger les suspects qui résident sur leur territoire. Parmi ceux-ci figure la France. En avril 2001, le Rwanda avait tenté d'obtenir l'extradition de Callixte Mbarushimana, résidant à cette époque au Kosovo, finalement relaxé après deux mois de détention préventive. La juge avait estimé que les garanties de Kigali, selon lesquelles la peine de mort ne serait pas appliquée, étaient diplomatiques et n'avaient donc aucune valeur légalement contraignante. Les autorités françaises ont soutenu jusqu'à sa chute, en juillet 1994, le gouvernement hutu sous lequel fut perpétré le génocide et ont été accusées depuis, notamment par Kigali, de protéger les responsables présumés des massacres. Plusieurs instructions ouvertes en France depuis 1995 sur des réfugiés rwandais soupçonnés d'être impliqués dans le génocide sont restées sans suite. |
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AFP 21/03/2004 :: L'inavouable de Saint-Exupéry (Commentaire)
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